Alors que la Chine a annoncé qu’elle pourrait doubler ses importations mondiales de porc, le Bureau de la concurrence a donné jeudi son feu vert à Olymel pour l’acquisition de F. Ménard, entreprise familiale spécialisée dans la transformation de viande porcine. Une transaction qui permettra à Olymel d’augmenter ses volumes d’exportation en Chine.

Nathaëlle Morissette Nathaëlle Morissette
La Presse

« Pour Olymel, c’est sûr que ça va augmenter tout simplement en chiffres, en nombres, en volumes absolus nos activités en Chine, ça, c’est clair », estime Richard Davies, vice-président principal aux ventes et au marketing chez Olymel. En juillet, la Coop fédérée ainsi que ses divisions Olymel et Sollio Agriculture ont annoncé une acquisition, dont le prix n’a pas été dévoilé, permettant de mettre la main sur tous les actifs porcins de F. Ménard, qui compte 1200 employés. Le Bureau de la concurrence devait toutefois donner son aval.

« Une transaction comme celle-là est un moyen de consolider nos acquis, ajoute Richard Vigneault, porte-parole d’Olymel. F. Ménard exporte déjà en Chine des quantités appréciables. C’est un marché où l’on se bat contre des entreprises de très grande taille. Même avec F. Ménard, on est loin d’avoir la taille de certaines entreprises américaines. »

Doubler les importations

Rappelons que, après avoir gardé fermées ses frontières au porc canadien pendant près de quatre mois, la Chine a annoncé au début du mois qu’elle mettait fin à cette interdiction.

Dès la réouverture, il y a eu une nette augmentation des exportations du Canada vers la Chine.

David Duval, président des Éleveurs de porcs du Québec 

Plus récemment, le ministère chinois du Commerce a annoncé que le pays doublerait ses importations de porcs cette année, pour un total de 3 millions de tonnes par rapport à 1,2 million l’an dernier. Ses prédictions sont toutefois bien timides, estime M. Davies.

« S’ils doublent leurs achats sur des marchés l’an prochain, ils vont être en fort manque, même en doublant, croit-il. Le besoin va largement au-delà de ça. À mon avis, doubler, ça va être un minimum pour eux.

« L’exportation est quand même importante pour nous. Mais, nous, on va répondre à une partie, ajoute-t-il. On va contribuer. La Chine, pour nous, va devenir très importante. »

Le Québec exporte 70 % de son porc. Les États-Unis, le Japon, la Chine et la Corée représentent les principaux marchés étrangers.

— Avec l’Agence France-Presse