Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a de nouveau rejeté, vendredi après-midi, l’imposition d’une loi spéciale pour mettre fin à la grève d’environ 3200 employés du CN débutée mardi.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

« Nous sommes d’avis que la façon la plus probable et la plus rapide de régler ce conflit est par la négociation collective », a indiqué M. Garneau lors d’un point de presse tenu à Montréal.

M. Garneau s’est dit sensible à la situation, qui n’est « pas seulement un inconvénient pour beaucoup de personnes, c’est stressant pour beaucoup de personnes. »

Il a aussi pour la première fois chiffré la part des trains que le CN réussit à opérer avec son personnel cadre, en l’absence des grévistes. Elle serait d’environ 10 %.

Du propane pour encore une semaine, dit Québec

Le gouvernement Legault estime que le Québec a du propane pour une semaine et n’exige plus l’adoption d’une loi spéciale pour mettre fin à la grève au CN.

Jeudi, le premier ministre François Legault plaidait pour une telle loi spéciale, car l’approvisionnement en propane est mis en péril par les moyens de pression des travailleurs du CN. Il évoquait des risques pour les établissements de santé qui dépendent de cette source d’énergie.

Or le ministre des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a déclaré vendredi qu’aucun établissement de santé ou d’éducation « nécessite le propane comme base énergétique principal » contrairement à ce que disait M. Legault. « Tout est sous contrôle » dans ces deux secteurs, selon lui. « Je ne crois pas qu’il y ait eu exagération » de la part du premier ministre, a-t-il répondu aux journalistes qui le questionnaient au sujet des propos de M. Legault.

Le Québec a une réserve de six millions de litres de propane. Sept millions de litres proviendront par rail d’Edmonton. Dans trois cours de triage du Québec, il y a également sept millions de litres que les distributeurs de propane peuvent aller chercher.

Avec une consommation rationnée à 2,5 millions de litres par jour (au lieu de la consommation normale de cinq millions), « on peut fonctionner jusqu’à la fin de la semaine prochaine » avec les 20 millions de litres, a dit M. Julien. La priorité est accordée à ceux qui font de la production animale, puis à aux producteurs de grains notamment.

Questionné pour savoir si le gouvernement demande toujours une loi spéciale, M. Julien a affirmé qu’il souhaite que « le conflit se règle le plus rapidement possible ». Le gouvernement ne parle plus de loi spéciale. « Le fédéral préconise une négociation, nous les laissons travailler là-dessus », a-t-il dit.

Si le conflit devait perdurer au-delà de la fin de la semaine prochaine, il y a un risque de rupture d’approvisionnement selon M. Julien. Tous ceux qui dépendent du propane pourraient en subir les effets, y compris les particuliers.