Alors qu’il a provoqué une onde de choc de ce côté-ci de la frontière, le programme de restructuration des activités au Canada annoncé mercredi par le gros quincaillier américain Lowe’s, dont la fermeture de 34 magasins, en plus des 27 fermés il y a un an, est salué par des analystes américains en commerce de détail.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

« La restructuration de Lowe’s au Canada est justifiée. Nous considérons favorablement cette décision concernant des activités canadiennes qui traînent de l’arrière. Elle devrait renforcer progressivement les prochains résultats », signalent d’emblée les analystes Seth Basham et Nathan Friedman, de la firme new-yorkaise Wedbush Securities, dans une note à leurs clients investisseurs.

« Au Canada, les ventes de Lowe’s parmi ses magasins comparables – en baisse de 7 % selon notre estimation – ont été principalement touchées par l’intégration en cours de Rona. Pour corriger la situation, Lowe’s a entrepris durant le troisième trimestre un examen stratégique plus détaillé de ses activités canadiennes. Elle met en place plusieurs mesures pour améliorer ses résultats à long terme au Canada. »

Légère hausse des bénéfices d’exploitation

De l’avis de Scot Ciccarelli, analyste des détaillants américains chez RBC Capital Markets à New York, « puisque Lowe’s perd de l’argent au Canada, je pense que la fermeture des [34] magasins sous-performants devrait se traduire par une légère augmentation des bénéfices d’exploitation de l’ensemble de l’entreprise durant le prochain exercice 2020 ».

« À la suite d’un examen stratégique de ses activités au Canada, Lowe’s fera de nombreux changements au quatrième trimestre 2019 afin d’améliorer la croissance des ventes et de la rentabilité », résume M. Ciccarelli dans une note à ses clients investisseurs. « Et même si 34 magasins sous-performants seront fermés d’ici la fin du quatrième trimestre, Lowe’s demeure engagée envers le marché canadien. »

Entre-temps, signale M. Ciccarelli, « pour faire ces changements, Lowe’s prévoit comptabiliser de 175 à 225 millions US en frais spéciaux de restructuration au quatrième trimestre, dont plus de la moitié découlera de la liquidation d’inventaires ».

Laura Champine, analyste des détaillants américains chez Loop Capital Markets à New York, indique quant à elle, dans une note en suivi du rapport de troisième trimestre chez Lowe’s, que « les fermetures de [34] magasins au Canada m’incitent à réduire les prévisions de dépenses d’amortissement, qui auraient pesé sur les prochains résultats. Par conséquent, je maintiens notre recommandation de “conserver” envers les actions de Lowe’s, avec un prix cible rehaussé de 105 $ US à 115 $ US ».

Néanmoins, Mme Champine signale à ses clients investisseurs que « [ses] estimations des revenus et des bénéfices d’exploitation pour toute l’année 2019 chez Lowe’s sont légèrement abaissées en raison de l’affaiblissement des ventes observé au troisième trimestre. [Elle] abaisse aussi [son] estimation de marge bénéficiaire brute au quatrième trimestre ».