(Montréal) Aimia a annoncé lundi avoir conclu un accord avec un groupe d’actionnaires dissidents pour reconstituer son conseil, mettant fin à une longue lutte pour le contrôle de la société.

Christopher Reynolds
La Presse canadienne

L’entente prévoit également un plan qui verra la société racheter des actions d’Aimia pour une valeur maximale de 125 millions d’ici le 30 décembre.

Cet accord constitue une victoire partielle pour le groupe d’actionnaires dirigé par Charles Frischer, qui avait tenté de remplacer la moitié des huit membres du conseil d’administration d’Aimia, et pour Philip Mittleman, le plus grand actionnaire de la société, qui était pris dans un affrontement judiciaire avec elle.

La société de fidélisation a vendu son programme phare Aéroplan à Air Canada plus tôt cette année. La transaction a permis à Aimia de disposer d’importantes liquidités, mais plusieurs questions persistent quant à son avenir.

Tous les administrateurs de la société, à l’exception de Philip Mittleman et du chef de la direction Jeremy Rabe, ont confirmé qu’ils ne se porteraient pas candidats à l’élection au conseil lors de l’assemblée annuelle de 2020, qui se tiendra avant le mois de mai.

La convention d’actionnaires prévoit le processus de nomination pour les nouveaux administrateurs, qui comprennent notamment M. Frischer, le 28 février au plus tard. En échange, les investisseurs dissidents ont retiré leur demande de convocation à une assemblée extraordinaire des actionnaires.

« Je pense que c’est un compromis équitable pour toutes les parties », a affirmé M. Frischer lors d’un entretien téléphonique. « Je pense que c’est une bonne journée pour Aimia. »

Philip Mittleman, dont la firme Mittleman Brothers détient 23,1 % des actions ordinaires d’Aimia, nommera deux administrateurs, incluant M. Frischer.

Aimia et Mittleman Brothers ont également convenu de mettre fin à leur bataille judiciaire, qui a éclaté après que la société de fidélisation a accusé la société d’investissement de préconiser un changement radical au cours d’un « accord moratoire » et de tenter d’orchestrer une campagne secrète incitant les autres actionnaires à refuser d’appuyer les candidats au conseil d’Aimia lors de l’assemblée annuelle de 2019.

« Nous sommes très satisfaits du règlement et croyons que ce résultat profitera à toutes les parties prenantes », a affirmé M. Mittleman.

M. Frischer a exprimé son soutien au chef de la direction qu’il souhaitait voir quitter le conseil il y a à peine deux mois.

« Je pense que tout le monde a jugé que ce serait une bonne transition. C’est ce sur quoi nous nous sommes tous entendus », a déclaré M. Frischer à La Presse canadienne. « Dans le cadre du règlement, Jeremy (Rabe) continuera à être le chef de la direction. »

Le président du conseil Bill McEwan, qui quittera également son poste, a déclaré dans un communiqué que le règlement prévoyait « un cadre exécutoire qui a pour but de protéger et de promouvoir les intérêts de la Société et de ses parties prenantes tout en permettant à la Société d’écarter les litiges en cours et de lever l’incertitude entourant les prochaines élections d’administrateurs ».

« Le conseil a aussi approuvé à l’unanimité un nouveau rachat d’actions volontaire important afin de fournir une certaine liquidité et d’offrir un choix à tous nos porteurs d’actions privilégiées et ordinaires dans le cadre d’opérations structurées pour être relutives et créatrices de valeur », a-t-il ajouté.

Aimia a perdu les trois quarts de sa valeur boursière au cours des cinq dernières années et près des deux tiers depuis novembre 2016.

La société montréalaise a vu ses deux principaux segments de fidélisation perdre 74,9 millions en résultat ajusté de base l’an dernier, ce qui a entraîné une perte nette de 72 millions. Alors que les bénéfices ont chuté de 22 % sur une base annuelle au plus récent trimestre, M. Frischer a souligné que les divisions de fidélisation avaient enregistré de meilleurs résultats que prévu.

« Un trimestre ne représente par l’avenir à lui seul, mais au troisième trimestre, il y avait des signes (d’amélioration), et il était encourageant de voir qu’un redressement pourrait être en place », a-t-il affirmé.

L’analyste Drew McReynolds, de RBC Dominion Valeurs mobilières, a estimé que l’entente représentait « un pivot stratégique potentiel important pour Aimia par rapport à la stratégie de consolidation dans laquelle la société s’était engagée après la vente d’Aéroplan ».

L’action d’Aimia a progressé lundi de 30 cents, soit 8,3 %, pour clôturer à 3,93 $ à la Bourse de Toronto.