(Québec) Même si la valeur de Nemaska Lithium ne cesse de dégringoler en Bourse, son principal actionnaire, le gouvernement du Québec, assure qu’il a encore espoir de voir la société minière se relancer.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

« J’aimerais mieux que la valeur boursière soit à 1 milliard. Mais Nemaska Lithium, c’est un actif stratégique pour le Québec, a expliqué jeudi le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon. On ne laissera pas Nemaska Lithium être achetée par des étrangers. On va contrôler le minerai. »

La société minière québécoise a encore perdu des plumes vendredi en Bourse. L’annonce d’une perte nette de 61,4 millions au dernier trimestre a été mal accueillie sur les marchés, tout comme la mise à jour à propos des efforts de financement. L’action a clôturé à 0,165 $, en baisse de 5,7 % à la Bourse de Toronto.

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L’entreprise valait plus d’un milliard l’année dernière. Sa capitalisation boursière n’était plus que de 140 millions vendredi. C’est à peine plus que les 130 millions investis par le gouvernement québécois en mai 2018 en échange d’une participation de 13 %.

« Ça m’inquiète un peu, la valeur boursière, mais ça ne m’inquiète pas au niveau stratégique, assure M. Fitzgibbon. Le marché financier n’a pas la même vision que le gouvernement sur l’importance de contrôler notre lithium. »

Fitzgibbon a rencontré Pallinghurst

Nemaska a commencé la construction d’une mine de lithium au nord de Chibougamau. Elle a aussi entamé celle d’une usine de transformation à Shawinigan, dans le but de devenir un acteur majeur de la filière prometteuse des batteries.

Mais en cours de route, l’hiver dernier, la société minière a annoncé que son projet d’abord estimé à 1,1 milliard coûterait 375 millions de plus. L’action avait dégringolé. Pour l’instant, Nemaska a investi 392 millions dans la mine et l’usine.

Nemaska Lithium a reçu une proposition d’investissement de 600 millions du Groupe Pallinghurst pour sauver le projet. Elle a jusqu’au 31 décembre pour s’entendre. Le groupe britannique deviendrait le principal actionnaire, avec une participation de 46 %.

« J’ai rencontré moi-même le président du fonds Pallinghurst, explique M. Fitzgibbon. Parce que quelqu’un qui veut acheter Nemaska Lithium aujourd’hui ou n’importe quelle mine du Québec doit avoir un alignement complet avec le gouvernement. »

Accompagné du président d’Investissement Québec, Guy LeBlanc, le ministre de l’Économie raconte « avoir établi clairement les visées stratégiques » du gouvernement québécois.

« Pallinghurst et le gouvernement sont alignés en termes de ce qu’on veut faire avec notre lithium », assure le ministre. « Ils font leur travail de due diligence et ont jusqu’à la fin décembre pour prendre une décision. »

Pour freiner la saignée, Nemaska Lithium a annoncé il y a un mois le licenciement de 64 employés.