En graves difficultés financières, la chaîne de magasins Bouclair s’est placée à l’abri de ses créanciers mardi. Le détaillant est aux prises avec des dettes de 42,2 millions de dollars.  

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

Bouclair compte 92 magasins au Canada dont 43 au Québec, en plus d’un centre de distribution. La chaîne emploie 1150 personnes, dont 158 à son siège social de Pointe-Claire, selon le dossier rédigé par le syndic Deloitte.  

Dans le cadre de sa restructuration, l’entreprise prévoit fermer « 29 magasins non rentables » et possiblement 6 autres après discussions avec les propriétaires immobiliers, indique le rapport.  

Pour la période de 8 mois close à la fin septembre, le détaillant a réalisé une perte nette de 1,2 million sur des ventes de 96,6 millions. L’exercice terminé en janvier 2019 s’était soldé par un bénéfice net de 1,13 million (sur des ventes de 146 millions), mais celui d’avant avait aussi généré une perte, cette fois de 773 000 $ (sur des ventes de 149 millions).  

Le principal prêteur de Bouclair est la Banque Nationale, pour un montant de 18,8 millions. Ce prêt « est en défaut de paiement depuis plus mois », précise Deloitte. La BDC fait aussi partie de la liste des créanciers garantis (1,2 million). Les créances ordinaires (non garanties) totalisent 10,3 millions.  

Les problèmes financiers de la chaîne sont essentiellement dus à « l’accroissement de la concurrence provenant de grands détaillants américains à bas prix et aux ventes en ligne », précise le rapport du syndic. Mais une poignée d’autres raisons sont évoquées, dont la hausse du salaire minimum dans certaines régions du pays et la météo.  

En septembre, un processus de vente des actifs a été entamé. Et mardi, Bouclair a annoncé qu’Investissements Alston, « une nouvelle compagnie formée d’un groupe d’investisseurs canadiens dans le secteur du détail », dont l’actuel président et chef de la direction Peter Goldberg fait partie, souhaitait en acquérir « une part importante ».   

« Cette transaction proposée permettrait à un nouveau Bouclair de se réinventer, de se concentrer sur les forces de l’entreprise et d’étendre sa présence web », a déclaré M. Goldberg dans ce communiqué.  

Fondée en 1970, l’entreprise privée qui s’est fait connaître en vendant du tissu a fait un virage majeur il y a quelques années en se tournant vers les articles de décoration, les rideaux et les petits meubles.