(New York) Disney a dépassé les attentes en affirmant mercredi avoir attiré 10 millions d’abonnés à sa plateforme de diffusion en continu Disney+ 24 heures après son lancement aux États-Unis, au Canada et aux Pays-Bas.

Agence France-Presse

Le groupe s’est félicité dans un communiqué d’une « demande extraordinaire des consommateurs » et a indiqué « avoir déjà atteint le chiffre remarquable de 10 millions d’inscriptions depuis le lancement ».

Le cabinet MoffettNathanson, cité par plusieurs médias américains, avait prévu 8 millions d’abonnés à travers le monde à fin 2019 et 18 millions à la fin de l’année fiscale 2020.

Selon le site Apptopia, qui fournit des données sur les applications mobiles, l’app Disney+ a quant à elle déjà été téléchargée 3,2 millions de fois. L’immense majorité des téléchargements vient des États-Unis (89 %), suivis du Canada (9 %) et des Pays-Bas (2 %).

Elle figure en tête des applications gratuites les plus téléchargées aux États-Unis et au Canada sur l’App Store, le magasin en ligne d’Apple.

À son lancement en 2010, l’application du géant du « streaming » Netflix avait été téléchargée à 662 000 reprises au niveau mondial.

« Le "streaming" n’était pas ce qu’il est aujourd’hui et les mobiles n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui, le taux de pénétration des appareils mobiles et les préférences des utilisateurs ayant basculé en faveur de Disney », tempère Apptopia.

Le site spécialisé estime également que les utilisateurs ont cumulé 1,3 million d’heures de visionnage des contenus Disney+ au cours de la première journée.  

Selon Bob Iger, le patron de Disney, le lancement du nouveau service est « un moment historique pour notre entreprise, qui marque une nouvelle ère d’innovation et de créativité ».

Selon Daniel Ives, analyste pour Wedbush Securities, le nombre d’abonnés au lancement de Disney+ « témoigne de la rapidité du succès de M. Iger et de Disney, qui dispose d’un contenu inégalé et d’un réseau de distribution massif, ce qui fait de la Maison de Mickey un rival sérieux de Netflix dès le premier jour ».

Ratés techniques

Disney+ a connu des ratés techniques mardi, de nombreux utilisateurs faisant état d’un message d’erreur lors de leurs tentatives de connexion.

PHOTO STEVEN SENNE, AP

La page d'accueil américaine de Disney+.

Disney a imputé ces problèmes à une demande supérieure aux attentes.

Pour Richard Windsor, analyste chez Radio Free Mobile, ces problèmes sont cependant « un bon signe car cela implique que la demande pour le catalogue unique que Disney propose est très forte, ce qui les place dans une position solide à long terme ».

L’expert ajoute que le marché du streaming était désormais fluide avec l’entrée de nouveaux acteurs, mais que les groupes les plus puissants comme Disney, Apple et Amazon pourraient « finir par acquérir de nombreux acteurs plus faibles » et saper la base d’abonnés de Netflix.  

Disney+ est disponible depuis mardi aux États-Unis, au Canada et aux Pays-Bas à partir de 8,99 dollars CAD par mois, un prix nettement inférieur à celui de son concurrent Netflix, et propose un impressionnant catalogue, avec les films de Star Wars, Pixar et Marvel.

Bande-annonce de The Mandalorian

Pour 12,99 dollars US, les abonnés américains à l’ancienne plateforme D23 ont en plus accès à Hulu et ESPN+ (sports).

Dès la semaine prochaine, Disney+ sera déployé en Australie et en Nouvelle-Zélande, puis l’Europe occidentale en mars 2020.

Le groupe espère attirer entre 60 et 90 millions d’abonnés d’ici 2024.