(New York) ExxonMobil a annoncé vendredi une réduction de moitié de son bénéfice net au troisième trimestre, à 3,17 milliards de dollars, invoquant de bas prix du pétrole, de faibles marges dans la chimie et une hausse de ses dépenses liées aux investissements.

Agence France-Presse

La pétrolière, poursuivie par l’État de New York dans une affaire liée au réchauffement climatique, a néanmoins vu sa production d’hydrocarbures augmenter de 3 %, à 3,9 millions de barils de pétrole par jour (mbj).

À Wall Street, le titre gagnait plus de 1 % dans les échanges électroniques de préséance.

La hausse des extractions est due à la montée en puissance dans le bassin permien (sud des États-Unis) où la production du groupe a augmenté de plus de 70 % en un an, et de 7 % comparé au deuxième trimestre.

Le bassin permien abrite les principales réserves américaines et est devenu officiellement le champ le plus prolifique au monde devant le bassin saoudien Ghawar, avec un niveau d’extractions totales de 4,1 mbj en mars, d’après l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA).

ExxonMobil, qui a pour objectif de pomper à lui seul 1 million de barils par jour dans ce bassin à compter de 2024, a augmenté de 17,2 % l’enveloppe destinée aux investissements, la portant à 7,7 milliards de dollars au troisième trimestre.

Par conséquent, la rentabilité s’en est trouvée affectée, même si c’est un peu moins que ce à quoi s’attendaient les marchés.

Le bénéfice par action ajusté des éléments exceptionnels, référence en Amérique du Nord, est ainsi ressorti à 75 cents, supérieur aux 67 cents anticipés par les analystes financiers.

Le chiffre d’affaires a, lui, diminué de 15 % à 65,1 milliards, mais il dépasse les 64,79 milliards escomptés.

Outre les investissements, ExxonMobil a souffert de la baisse des prix du brut et du gaz naturel, ainsi que de faibles marges dans les produits raffinés et chimiques.

Le PDG Darren Woods a souligné que le géant pétrolier avait atteint son objectif de céder un tiers de ses actifs non stratégiques évalués à 15 milliards de dollars.

ExxonMobil a trouvé récemment un accord avec une filiale de son rival italien Eni pour lui vendre ses actifs norvégiens en échange de 4,2 milliards de dollars. Cette transaction, une fois finalisée, devrait gonfler les futurs bénéfices d’environ 3,5 milliards de dollars, a précisé Exxonmobil, qui fait par ailleurs face à son premier procès lié au climat.

Ce procès, qui a démarré le 23 octobre, oppose le groupe à l’État de New York, qui l’accuse d’avoir trompé les investisseurs en prétendant à tort, depuis 2014, intégrer pleinement les risques de durcissement des législations sur les émissions de gaz à effet de serre dans ses projections à long terme.