(New York) La jeune entreprise végane Beyond Meat, qui vient de dégager son premier profit trimestriel, plongeait pourtant mardi à Wall Street, fragilisée par la concurrence croissante et la fin d’une période pendant laquelle les premiers investisseurs ne pouvaient vendre leurs titres.

Agence France-Presse

Vers 11 h 30 à la Bourse de New York, l’action chutait de 18,75 % à 85,65 dollars. Elle reste à un niveau bien plus élevé que le prix auquel elle a fait son entrée sur le NASDAQ le 3 mai, soit 25 dollars. Mais elle a aussi perdu beaucoup de terrain depuis le record de 234,90 dollars atteint fin juillet.  

La jeune entreprise, qui surfe sur la mode des produits se présentant comme des alternatives plus écologiques à la viande, plus saines et moins cruelles pour les animaux, connaît une croissance explosive : elle a vendu au troisième trimestre pour 92 millions de dollars de produits, ce qui correspond à une hausse de 250 % sur un an.  

Surtout, Beyond Meat a annoncé avoir pour la première fois gagné de l’argent, soit 4,1 millions de dollars.  

Le groupe, qui mène des tests avec les chaînes de restauration rapide McDonald’s, Subway ou Dunkin’, a dans la foulée relevé sa prévision de chiffres d’affaires pour l’année. Beyond Meat s’attend désormais à des ventes de 265 millions à 275 millions de dollars, contre 240 millions auparavant.

Lors d’une conférence téléphonique avec les analystes, le directeur général du groupe Ethan Brown a souligné que les « goulots d’étranglement » dans la chaîne de production, qui ont pu freiner l’expansion de l’entreprise l’an dernier, avaient été résorbés. « Nous pouvons répondre complètement à la demande anticipée en 2020 », a-t-il assuré.

Mais le président du conseil d’administration du groupe, Seth Goldman, a aussi rappelé lors de cette conférence que cette semaine marquait la fin de la période pendant laquelle certaines personnes qui détenaient des parts de l’entreprise avant son entrée en Bourse ne pouvaient pas les vendre, et qu’il fallait en conséquence s’attendre à « des réactions de court terme ».  

Ils peuvent être d’autant plus incités à céder leurs titres que la valeur en Bourse de l’entreprise, qui s’affichait encore à 6,3 milliards de dollars lundi soir, est sans commune mesure avec son chiffre d’affaires.

Certains analystes mettaient aussi en avant la montée en puissance dans les rayons des supermarchés des concurrents de Beyond Meat, qu’il s’agisse de la jeune entreprise Impossible Burger ou de groupes plus établis comme Nestlé.

Citant tous deux la compétition croissante des nouveaux entrants, les analystes de Wells Fargo et de Crédit suisse ont ainsi abaissé leur objectif de prix de l’action.