(Londres) L’entreprise de paiements en ligne Paypal serait sur le point de quitter le projet de cryptomonnaie Libra lancé par Facebook, a rapporté vendredi le Financial Times.

Agence France-Presse

Selon le journal, les 28 premiers partenaires du projet de cryptomonnaie mondiale de Facebook devaient se réunir à Washington jeudi pour étudier les réponses possibles aux critiques de régulateurs financiers, mais une source du FT présente à la réunion indique que l’unique absence était celle de Paypal.

Une source proche du service de paiements a expliqué au Financial Times qu’il « semblerait qu’il n’y a eu que peu de travail de préparation fait avec les régulateurs financiers » et que les services de paiements tels que Paypal ne souhaitaient « pas voir l’attention des régulateurs déborder sur leurs affaires ».

Avec son projet Libra, lancé en juin, Facebook espère mettre sur pied une monnaie virtuelle censée permettre d’acheter des biens ou d’envoyer de l’argent aussi facilement qu’un message instantané.

Mais le projet a vite été critiqué par bon nombre de régulateurs et gouvernements à travers le monde.

Le mois dernier, le ministre des Finances français Bruno Le Maire s’était dit opposé au développement de la cryptomonnaie « sur le sol européen », évoquant ses inquiétudes concernant notamment « la souveraineté monétaire » des États et des risques « systémiques » que pourrait entraîner la « privatisation éventuelle d’une monnaie […] détenue par un seul acteur qui a plus de 2 milliards d’utilisateurs ».

Fin août, Bloomberg, citant un document de la Commission européenne, a par ailleurs révélé que l’Autorité de la concurrence est « en train d’enquêter sur un potentiel comportement anticoncurrentiel » en lien avec Libra.

De plus, en juillet, le secrétaire américain du Trésor Steven Mnuchin, a lancé un avertissement à Facebook, le gouvernement redoutant qu’une telle monnaie virtuelle ne soit utilisée pour blanchir de l’argent ou tromper le fisc.

Le lendemain de cette déclaration, plusieurs sénateurs américains ont aussi mis en avant leurs craintes, estimant que Facebook, déjà épinglé maintes fois sur les questions de respect de la vie privée et de protection des données, n’est pas forcément digne de foi.