L’innovation: Sous ses allures de torpille, le VX2 de Velomtek n’évoque en rien les poussifs tricycles de notre enfance.

Marc Tison Marc Tison
La Presse

Mû par pédales et assisté par un moteur électrique, le petit véhicule à trois roues est caréné pour réduire la résistance à l’air et protéger son propriétaire des intempéries.

Qui ?

François Garneau, ingénieur en fabrication automatisée fort de 25 ans d’expérience, cherchait un véhicule à propulsion humaine et à assistance électrique qui soit pratique et agréable à conduire en tout temps. Entre 2010 et 2015, il élabore le concept et en teste les éléments mécaniques avec quatre modèles d’essai sans carrosserie. Son premier prototype caréné roule en 2016. La même année, il fonde son entreprise Velomtek.

C’est moi qui l’ai conçu de A à Z, et même la fabrication, en grande partie, c’est moi qui la fais. Il entre dans la catégorie des vélos à assistance électrique de Transports Québec et Transports Canada. On peut donc aller sur les pistes cyclables, rouler sur l’accotement, comme pour un vélo.

François Garneau, président, Velomtek

Le bolide

PHOTO FOURNIE PAR VELOMTEK

Un coffre de 120 litres s’ouvre à l’arrière.

Le châssis en aluminium du vélomobile, comme François Garneau l’appelle, est recouvert d’une carrosserie en matériaux composites. L’accès se fait par une portière ouvrant sur le dessus. Elle est munie d’un petit pare-brise, mais une verrière intégrale en polycarbonate peut également y être fixée. Un coffre de 120 litres s’ouvre à l’arrière.

Une traction intégrale

Au contraire des vélos électriques, dont le moteur électrique assiste la roue arrière, François Garneau a installé un moteur-roue à l’avant. « Le pédalier permet d’activer une transmission huit vitesses qui envoie la puissance aux deux roues motrices arrière, explique-t-il. À l’avant, on a un moteur-roue dont on peut régler l’intensité, qui peut atteindre 500 watts et même un peu plus. Ça peut devenir dans certaines conditions un véhicule à trois roues motrices. » Malgré son allure de bolide, le VX2 n’est pas conçu pour les hautes vitesses. Quoiqu’il puisse atteindre 50 km/h, sa vitesse de croisière oscille autour de 25 à 30 km /h. À cette allure, la batterie de 52 volts procure une autonomie de plus de 100 km si on la sollicite principalement pour les accélérations et les montées. Elle se recharge en quatre à cinq heures.

Bien équipé

Le véhicule est équipé d’un phare à DEL à l’avant et de feux de position. L’engin pèse pour l’instant 56 kg, auxquels son concepteur prévoit retrancher 5 à 10 kg en incorporant 40 à 50 % de fibres de carbone dans la carrosserie.

L’avenir

PHOTO FOURNIE PAR VELOMTEK

Le châssis en aluminium du vélomobile, comme François Garneau l’appelle, est recouvert d’une carrosserie en matériaux composites.

François Garneau a livré son premier VX2 à un client d’Ottawa en juin 2019, qui « l’utilise pour ses déplacements, pour aller au travail, entre autres ». Pour l’instant, l’assemblage final des pièces fabriquées en sous-traitance est effectué dans le garage de son domicile à Belœil, mais il prévoit relocaliser la production dans un local industriel au cours des prochains mois. À court terme, il vise la livraison de 20 à 30 véhicules, pour un chiffre d’affaires annuel initial de 200 000 à 300 000 $. La location à court terme semble une avenue prometteuse.