Forte de l’appui de 82 % de ses membres, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) s’opposera vigoureusement au projet de loi 34 qui veut soustraire Hydro-Québec à l’examen de la Régie de l’énergie.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Le regroupement de petites entreprises réclamera demain en commission parlementaire le maintien des responsabilités de la Régie en matière de fixation des tarifs d’électricité et d’approbation des investissements du monopole d’État.

« On challenge à peu près tous les articles du projet de loi 34 », a fait savoir Gopinath Jeyabalaratnam, conseiller aux affaires économiques et gouvernementales.

Il va contre les principes de transparence, et ça pose un gros problème.

Gopinath Jeyabalaratnam

Selon lui, la décision du gouvernement arrive au moment où les clients d’Hydro-Québec peuvent s’attendre à des baisses de leurs tarifs d’électricité. L’augmentation des ventes intérieures, qui réduit les surplus, et le nouveau mécanisme de redistribution d’une partie des profits d’Hydro-Québec imposés par la Régie de l’énergie auraient rendu impossible pour Hydro-Québec de justifier ses prochaines hausses de tarif.

Le gel des tarifs de cette année et des hausses limitées à l’inflation ne sont donc pas les bonnes nouvelles que le gouvernement prétend, estime la FCEI.

« En cherchant à simplifier la fixation des tarifs d’électricité, le gouvernement va réduire considérablement les pouvoirs de la Régie de l’énergie sur Hydro-Québec […]. En fin de compte, ce sont les PME et les Québécois qui vont en payer le prix », soutient son porte-parole.

Plus de pouvoir pour la Régie

Un sondage réalisé au cours des derniers jours auprès de 820 propriétaires de PME indique qu’une écrasante majorité d’entre eux, soit 82 %, croient que le gouvernement devrait donner plus de pouvoirs à la Régie pour surveiller les activités d’Hydro-Québec et garder un œil sur les budgets.

La FCEI déplore aussi que les gros projets d’investissement d’Hydro-Québec ne soient plus examinés par la Régie de l’énergie, même s’ils peuvent avoir un impact à la hausse sur les tarifs pendant des années. La Régie sera même limitée dans les demandes d’information qu’elle pourra adresser à Hydro-Québec, s’insurge l’organisation.

La FCEI proposera au gouvernement de lâcher du lest, notamment en exigeant qu’Hydro-Québec se présente devant la Régie tous les deux ans plutôt que tous les cinq ans, comme le prévoit le projet de loi 34.