Il pourrait devenir plus difficile pour Dollarama de trouver de nouveaux produits intéressants pour les chasseurs d’aubaines de sa clientèle en raison de la guerre commerciale qui perdure entre les États-Unis et la Chine, a indiqué jeudi le chef de la direction du détaillant à bas prix.

Ross Marowits
La Presse canadienne

Des usines chinoises sont en veille et ne créent pas de nouveaux moules, ou n’investissent plus dans la recherche et le développement de produits destinés au marché américain en raison de l’instabilité, a souligné Neil Rossy lors d’une conférence téléphonique au sujet des résultats du deuxième trimestre du détaillant.

« Et cela a un impact sur les détaillants du reste du monde, que ce soit en Europe, au Canada ou ailleurs, car nous bénéficions tous de la créativité et de la productivité des autres », a-t-il affirmé.

« Lorsque les marchés mondiaux traversent une période difficile, il y a moins de créativité, ce qui complique la tâche des acheteurs en matière d’approvisionnement, que ce soit sur le marché national ou étranger. »

M. Rossy a indiqué que les détaillants préféraient un environnement stable, mais qu’ils pourraient se débrouiller si l’impasse ne s’étirait pas trop longtemps.

« C’est toujours très stable et je ne prévois pas de grosse difficulté à moins que cela dure plus d’un an. »

Dollarama a affiché un bénéfice de 143,2 millions au plus récent trimestre, ses ventes ayant augmenté de 9 % par rapport à l’année dernière.

Son bénéfice s’est élevé à 45 cents par action pour le trimestre terminé le 4 août, comparativement à un profit de 140,4 millions, ou 42 cents par action, il y a un an.

Les ventes ont totalisé 946,4 millions, en hausse par rapport à 868,5 millions.

Les ventes dans les magasins ouverts depuis au moins un an ont augmenté de 4,7 % sur un an. Cela a dépassé la croissance des ventes de 2,6 % enregistrée l’an dernier à ce chapitre, alors que la société axait ses stratégies de marchandise sur l’amélioration des revenus, a indiqué M. Rossy aux analystes.

« Nous sommes très concentrés sur la stimulation de l’achalandage et l’augmentation de la taille du panier et nous sommes satisfaits de la réponse du consommateur à ce jour », a-t-il poursuivi, ajoutant que les sondages auprès des consommateurs confirmaient que son offre et son concept faisaient mouche.

M. Rossy a ajouté que Dollarama élargissait son offre de produits dans la mesure du possible et mettait à jour sa sélection en permanence. Elle propose plus de 4000 produits toute l’année et plus de 700 produits saisonniers.

Les analystes tablaient en moyenne sur un bénéfice par action de 46 cents et un chiffre d’affaires de 939,2 millions, selon la firme de données financières Refinitiv.

Dans ses perspectives, Dollarama a relevé ses prévisions pour une croissance du chiffre d’affaires comparable pour l’ensemble de l’année allant de 3,5 % à 4,5 %, par rapport à ses prévisions précédentes d’entre 3,0 % et 4,0 %.

Toutefois, le détaillant a indiqué que ses marges brutes devraient se situer dans la partie inférieure de ses prévisions antérieures, soit entre 43,25 % et 43,75 %. Les prévisions en question visaient la fourchette entre 43,25 % et 44,25 %.

Dollarama exploite 1250 magasins au Canada et prévoit d’étendre son réseau à 1700 établissements d’ici 2027.

La société a récemment exercé son option d’achat d’une participation majoritaire dans Dollarcity pour un montant estimé entre 85 millions US et 95 millions US. Un total de 40 millions US a été versé le mois dernier, le reste devant être remis l’année prochaine, sous réserve des derniers ajustements.

« Cela marque véritablement le début d’une nouvelle phase dans la trajectoire de croissance de Dollarama, en établissant une deuxième plateforme de croissance en Amérique latine en complément de notre stratégie de croissance canadienne existante », a indiqué M. Rossy.

Dollarcity compte 192 magasins en Colombie, au Salvador et au Guatemala. Il compte en ajouter un maximum de 50 cette année et éventuellement étendre son réseau à 600 sites.