(Montréal) Malgré une économie qui montre des signes d’essoufflement, le dirigeant de BRP se dit encouragé par l’humeur des consommateurs, alors que le constructeur de véhicules récréatifs a relevé ses perspectives pour l’exercice financier en cours.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

L’entreprise derrière les Ski-Doo, Sea-Doo, Spyder ou Can-Am a également dépassé les attentes au deuxième trimestre en dévoilant jeudi des revenus trimestriels records et des profits nets qui ont plus que doublé, ce qui a fait bondir le cours de son action à la Bourse de Toronto.

En conférence téléphonique avec les analystes, le président et chef de la direction de BRP, José Boisjoli, a notamment évoqué les données « robustes » aux États-Unis sur le comportement des consommateurs, le faible taux de chômage et la hausse annuelle des mises en chantier.

« Nous ne sommes pas des économistes, mais c’est ce qui, à notre avis, affecte nos activités, a-t-il expliqué. Et jusqu’à présent, nous sommes très satisfaits de l’état de l’économie. »

Les États-Unis représentent le plus important marché de BRP, où l’entreprise a généré 53,7 % de ses revenus totaux de 5,2 milliards l’an dernier.

Le grand patron de la société établie à Valcourt a également estimé que malgré les craintes à l’égard de l’économie mondiale, l’industrie des véhicules récréatifs est en bonne posture et que l’achalandage chez les concessionnaires est au rendez-vous.

Mais en dépit de la résilience des consommateurs américains, la croissance économique montre des signes d’essoufflement aux États-Unis. La hausse du produit intérieur brut a été de 2 % d’avril à juin, alors que le gain avait été de 3,1 % au premier trimestre.

BRP, qui se tourne vers le marché de la pêche et de la navigation de plaisance – un marché évalué à plusieurs milliards de dollars –, a également minimisé l’impact des tarifs découlant de la guerre commerciale sino-américaine.

« Ce différend n’a qu’un impact minimal sur nos résultats », a dit le chef de la direction financière, Sébastien Martel, estimant l’incidence financière à tout au plus 20 millions sur une base annualisée.

Plus tôt ce mois-ci, BRP avait annoncé l’acquisition d’une participation majoritaire dans Telwater, le plus grand constructeur australien de bateaux en aluminium. Il s’agit de la troisième transaction réalisée par l’entreprise après les achats d’Alumacraft et Manitou.

Forte croissance

Au deuxième trimestre terminé le 31 juillet, les ventes de véhicules récréatifs et d’un nouveau véhicule à trois roues ont stimulé le bénéfice net, qui s’est établi à 93,3 millions, ou 96 cents par action, en hausse de 128 %.

Les investisseurs ont réagi favorablement, puisque sur le parquet de Bay Street, le titre de BRP a clôturé à 46,40 $, en hausse de 6,23 $, ou 15,5 % – ce qui demeure toutefois loin de son sommet des 52 dernières semaines de 74,67 $.

« Nous recommandons donc aux investisseurs d’acheter des actions afin de tirer profit de la divergence entre les éléments fondamentaux de BRP et l’évaluation (du titre) », a estimé l’analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, dans une note envoyée par courriel.

De leur côté, les revenus ont grimpé de 21 %, à 1,46 milliard.

BRP a vu les ventes de ses véhicules côte à côte progresser d’environ 30 %. Du côté des véhicules à trois roues, les recettes ont plus que doublé, entre autres grâce à l’introduction du Can-Am Ryker, dont le prix est beaucoup moins élevé que son cousin, le Can-Am Spyder.

Dans le groupe marin, les recettes ont toutefois fléchi de 1,9 %, à 126,4 millions. Les ventes de moteurs ont baissé d’environ 20 %, un résultat que M. Martel a attribué aux « conditions météorologiques défavorables » dans certaines parties du Midwest américain.

En excluant les éléments non récurrents, le bénéfice normalisé par action de la société a été de 71 cents au deuxième trimestre, par rapport à 66 cents par action il y a un an.

Cette performance trimestrielle a surpassé les attentes des analystes, qui anticipaient un chiffre d’affaires trimestriel de 1,35 milliard et un bénéfice normalisé par action de 63 cents, selon les données de la firme Refinitiv.

En ce qui a trait à ses perspectives, BRP anticipe désormais une croissance de ses revenus oscillant entre 10 à 13 % pour l’exercice, par rapport à la fourchette précédente variant entre 9 et 13 %. Le profit normalisé par action devrait osciller entre 3,65 $ et 3,80 $, alors que l’entreprise visait auparavant une croissance allant de 3,55 à 3,75 $.