(Montréal) Les cinq principaux dirigeants d’Alimentation Couche-Tard, dont l’objectif est de doubler la taille de l’entreprise québécoise d’ici 2023, ont vu leur rémunération globale s’établir à près de 20,7 millions l’an dernier.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

Il s’agit d’une croissance d’environ 8 % par rapport à l’exercice précédent, d’après les informations qui se trouvent dans la circulaire de sollicitation envoyée aux actionnaires en vue de l’assemblée annuelle de l’exploitant de dépanneurs et de stations-service prévue le 18 septembre, à Laval.

À l’occasion de ce rendez-vous annuel, les actionnaires de la société pourront, pour la première fois, voter sur les émoluments des patrons de la société. Adoptée l’an dernier, cette mesure est toutefois non contraignante.

« Nous avons franchi un jalon important […] l’an dernier […] pour améliorer nos relations et établir un dialogue constructif entre la direction de Couche-Tard et nos actionnaires », fait valoir l’entreprise, dans son message aux actionnaires figurant dans sa circulaire.

À maintes reprises, le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (Médac) avait demandé au détaillant d’adopter un vote non contraignant sur la rémunération, déjà autorisé par plusieurs compagnies.

C’est le président et chef de la direction de Couche-Tard, Brian Hannasch, qui a obtenu la paye totale la plus élevée, à 9,4 millions, en hausse de 7,45 %. La rémunération globale comptabilise par exemple le salaire de base, les primes et d’autres avantages.

Il a touché un salaire de base de 1,85 million, une prime annuelle d’environ 1,9 million ainsi que des attributions et options sur des actions totalisant 4,9 millions. La valeur de son régime de retraite était de 769 951 $.

Le fondateur et président exécutif du conseil d’administration, Alain Bouchard, a touché une rémunération globale de 5 millions, en hausse de 4 % sur un an, dont un salaire de base de 1,47 million.

En croissance

Au cours de l’exercice terminé le 28 avril, la multinationale établie à Laval a vu ses profits nets grimper de 10 %, à 1,8 milliard US, tandis que ses revenus ont été de 59,1 milliards US, en hausse de 15 %.

Couche-Tard a pris d’importantes bouchées dans le marché nord-américain au cours des dernières années en avalant CST Brands et Holiday — deux transactions dont la valeur totale avoisine les 6 milliards US.

En juillet, en commentant les résultats annuels, M. Hannasch avait expliqué, lors d’une conférence téléphonique, que son objectif de doubler la taille de l’entreprise était « ambitieux », mais que Couche-Tard allait miser sur une combinaison équilibrée de croissance interne et de nouvelles prises.

« De nombreuses initiatives sont déjà en voie d’être réalisées et ont pour but d’améliorer l’expérience du client, d’élargir notre offre de produits et de rationaliser notre modèle », souligne également le détaillant dans sa circulaire.

De l’optimisme

Au cours des trois derniers mois, le titre de Couche-Tard, qui cotait aux alentours de 85 $ à la Bourse de Toronto, a affiché un recul, pour se négocier à environ 81 $.

Néanmoins, Keith Howlett, de Desjardins Marchés des capitaux, qui suggérait de conserver l’action, a récemment changé son fusil d’épaule en recommandant d’acheter le titre et en faisant passer son cours cible de 87 $ à 88 $.

L’analyste a abaissé à 95 cents US par action sa prévision du profit ajusté pour le premier trimestre, dont les résultats seront dévoilés la semaine prochaine, mais il endosse la stratégie de Couche-Tard.

« Le principal avantage à long terme de la société réside en sa capacité à exploiter avec succès des dépanneurs et des stations-service, l’un des segments les plus difficiles de la vente au détail », a écrit M. Howlett dans sa note du 23 août.

Le réseau de Couche-Tard compte environ 16 000 points de vente au Canada, aux États-Unis, en Europe, en Amérique latine, en Asie ainsi qu’au Moyen-Orient.