(Montréal) La pression s’accroît sur la minière en difficulté Stornoway, toujours à la recherche d’un acheteur ou de nouveaux partenaires afin de poursuivre ses activités, qui pourrait voir son titre radié de la Bourse de Toronto.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

Citant la situation financière de l’exploitant du projet diamantifère Renard, à la baie James, Bay Street se penche sur « l’admissibilité » des actions de la société, qui aura jusqu’au 20 décembre pour faire la preuve qu’elle respecte toutes les exigences.

Le projet diamantifère Renard, qui devait incarner la relance du Plan Nord, a reçu des investissements d’un demi-milliard de dollars de Québec et de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

Mais au rythme où vont les choses, Stornoway, qui disposait de trésorerie et d’équivalents de 21,3 millions à la fin juin, a prévenu, le 14 août dernier, qu’elle ne serait pas en mesure de respecter ses obligations au-delà du 30 juin 2020.

La minière avait initialement fixé au 15 juillet l’échéance pour le dépôt des offres, mais, faute d’avoir reçu une offre suffisamment intéressante, elle a décidé de repousser cette date jusqu’au 16 septembre.

« Ce processus est toujours en cours et cela n’affecte pas les activités de l’entreprise », a indiqué le directeur des relations avec les investisseurs et développement des affaires, Alexandre Burelle, lundi, au cours d’un entretien téléphonique.

Selon le Guide à l’intention des sociétés de la Bourse de Toronto, un titre peut être radié de la cote pour plusieurs raisons, notamment si la « situation financière de l’émetteur inscrit est telle qu’il est douteux, de l’avis de (la Bourse), que l’émetteur inscrit soit en mesure de poursuivre ses activités ».

Tout porte donc à croire que la récente mise en garde figurant dans les résultats du deuxième trimestre de Stornoway, dont le siège social se trouve à Longueuil, est à l’origine de l’examen.

Dans une note envoyée par courriel, Edward Sterck, de BMO Marchés des capitaux, a souligné qu’une radiation du titre pourrait avoir de « graves conséquences pour les actionnaires ».

« (La date du 20 décembre) est après la fin prévue du processus de vente, mais cela ne vient qu’accentuer la pression sur la société », a écrit l’analyste.

Sans s’avancer sur les répercussions potentielles de l’examen effectué par la Bourse de Toronto, M. Burelle a réitéré que Stornoway avait identifié une nouvelle date (le 16 septembre) pour mener à bien le processus en cours, ce qui devrait permettre à la société de « respecter ses obligations financières pour les temps à venir ».

Au deuxième trimestre terminé le 30 juin, l’entreprise a vu sa perte nette s’établir à 346,3 millions, ou 37 cents par action, par rapport à 35,9 millions, ou 4 cents par action. Ce résultat s’explique essentiellement par l’inscription d’une charge de dépréciation hors trésorerie d’environ 443 millions attribuable à la baisse des prix du diamant.

Stornoway est confrontée à une baisse significative du prix du diamant sur les marchés, ce qui lui complique la tâche.

Son président et chef de la direction, Patrick Godin, avait indiqué, au cours d’une entrevue accordée à La Presse canadienne, que les prix oscillaient aux alentours de 76 $ US le carat, par rapport à 147 $ US le carat en 2014, au moment de financer le projet Renard. Dans le cadre de ses mesures visant à réduire ses coûts, Stornoway a cessé d’exploiter un gisement à ciel ouvert tout en continuant l’exploitation de gisements souterrains.

Située à environ 250 kilomètres au nord de la communauté crie de Mistissini et à 350 kilomètres au nord de Chibougamau dans la région de la Baie-James, la mine Renard est la première mine diamantifère au Québec en importance et la sixième au Canada.