Alors que ses affaires aux États-Unis sont en nette amélioration, le gros détaillant en quincaillerie Lowe’s peine à redresser la barre au Canada, notamment avec les activités de Rona acquises il y a trois ans.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Ces difficultés embêtent la haute direction américaine de Lowe’s à un point tel que, pour le troisième trimestre de suite, son président et chef de la direction, Marvin Ellison, y a fait référence dans des commentaires précis et encore critiques lors de la téléconférence d’analystes, hier, avec l’énoncé des résultats du trimestre terminé le 2 août.

Entre autres, alors que Lowe’s a bénéficié durant ce trimestre d’un fort regain de croissance pour l’ensemble de ses ventes en magasins comparables [ouverts depuis plus d’un an], la situation au Canada s’est avérée complètement à l’inverse, avec une autre baisse des ventes des magasins comparables.

« Au Canada, nous avons enregistré une baisse des ventes en magasins comparables durant le deuxième trimestre [de mai à juillet inclusivement], qui découle en majeure partie du processus d’intégration de Rona, auquel nous continuons de faire des ajustements », a indiqué M. Ellison aux analystes et aux actionnaires de Lowe’s, hier, alors que l’action du groupe bondissait de 10 % en Bourse dans la foulée de résultats meilleurs que prévu aux États-Unis.

Quant aux perspectives d’affaires au Canada, le président et chef de la direction de Lowe’s a déclaré :

Nous restons confiants dans le potentiel à long terme de ces activités, même si ces changements de stratégie d’intégration de Rona ralentissent temporairement notre croissance [dans le marché canadien].

Marvin Ellison, PDG de Lowe’s

« Mais encore une fois, a ajouté M. Ellison, nous sacrifions de la croissance à court terme afin d’être mieux positionnés pour réussir à long terme. Et je suis impatient de vous fournir des mises à jour supplémentaires lors de futures téléconférences de résultats trimestriels. »

La glissade se poursuit

Les difficultés persistantes de Lowe’s avec le réseau de Rona au Canada contrastent avec la situation de son concurrent Home Depot, selon les résultats trimestriels de ce dernier énoncés mardi.

Lors de la téléconférence d’analystes, le président et chef de la direction de Home Depot, Craig Menear, a indiqué que la croissance des ventes de magasins comparables au Canada lors de ce même trimestre terminé le 4 août se chiffrait en un « low single digit » de pourcentage, ce qui correspond habituellement à un chiffre de 2 % à 3 % dans le jargon des analystes. Le président de Home Depot a aussi indiqué mardi qu’il s’attendait à une croissance sur toute l’année 2019 pour les ventes de magasins comparables au Canada.

Pendant ce temps, de la part de la haute direction de Lowe’s, il s’agit du troisième énoncé trimestriel d’affilée comportant des annonces et des commentaires négatifs envers l’évolution de ses affaires au Canada, tout particulièrement liés aux actifs de Rona acquis en 2016.

INFOGRAPHIE LA PRESSE

Il y a trois mois, au terme du premier trimestre 2019, le président et chef de la direction de Lowe’s avait montré du doigt des « résultats négatifs au Canada » comme principal facteur d’affaiblissement de la croissance des ventes de magasins comparables dans toute l’entreprise.

Trois mois plus tôt, lors de l’énoncé des résultats du quatrième trimestre 2018 durant lequel Lowe’s avait fermé 27 magasins au Canada, dont neuf Rona au Québec, le quincaillier avait comptabilisé une énorme charge de dépréciation de 953 millions US sur ces actifs au Canada.

Une telle charge spéciale équivalait à plus du tiers (41 %) de la somme de 2,3 milliards US payée en 2016 pour l’acquisition complète du groupe Rona.