L’offre d’Air Canada pour acquérir Transat au coût de 18 $ par action continue de créer des remous et des opposants se font entendre

André Dubuc André Dubuc
La Presse

Après Pierre Karl Péladeau lundi, c’est au tour du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MEDAC) de s’opposer publiquement au rachat de Transat par Air Canada et d’inciter les actionnaires à voter contre l’arrangement à de l’assemblée extraordinaire du 23 août.

Air Canada offre 18 $ par action de Transat. Aucune autre offre formelle n’est sur la table. L’assemblée est annoncée pour 10 h à Montréal vendredi. Les actionnaires ont jusqu’à 17 h aujourd’hui pour soumettre leur vote à l’avance à la société de fiducie AST.

« Le MEDAC souhaite le maintien du siège social de l’entreprise ici », soutient l’organisme. Selon lui, son rachat par Air Canada entraînerait la disparition du siège d’une société cotée en Bourse.

Bien qu’Air Canada se soit engagée formellement à conserver à Montréal le siège social et les principales fonctions de Transat, celle-ci passera du statut d’entreprise indépendante à celui de filiale d’un autre transporteur.

« Nous jugeons éminemment opportun de se garder une réserve », poursuit le MEDAC, jugeant que « plusieurs considérations jettent le doute sur le bien-fondé de la transaction ». Parmi celles-ci, l’organisme fondé par Yves Michaud énumère la surenchère de près de 40 % du prix figurant à l’offre de départ, les gains financiers que toucheront les principaux dirigeants de Transat à la suite de la transaction et la manifestation d’intérêt de plusieurs autres acheteurs potentiels.

L’environnement dans lequel se déroule l’offre d’Air Canada est dérangeant. Il est survenu toutes sortes de choses qui sont susceptibles de mener l’investisseur individuel à se poser des questions pour lesquelles il ne peut y avoir de réponses. On dénonce le contexte.

Willie Gagnon, porte-parole du MEDAC

Le MEDAC, qui détient une participation symbolique d’au moins 2000 $ d'actions de Transat, invite les actionnaires à rejeter l’arrangement dans le contexte actuel.

Transat réitère son appui à Air Canada

Par ailleurs, le voyagiste a réitéré son appui à Air Canada dans une réaction à la sortie publique de Pierre Karl Péladeau lundi. Dans un communiqué, ce dernier a indiqué être en discussion avec des partenaires stratégiques de renommée mondiale dans le but de présenter éventuellement une offre. La Presse a écrit le 13 août que M. Péladeau discutait avec WestJet et Air France-KLM. Lundi, il a fait miroiter le dépôt d’une offre définitive à un prix équitable, si jamais les actionnaires rejetaient la proposition d’Air Canada.

« Essentiellement, nos actionnaires ont le choix entre, d’une part, recevoir une contrepartie en espèces de 18 $ pour chacune des actions de Transat ou, d’autre part, faire face aux risques associés avec la mise en place du plan stratégique indépendant de Transat », fait valoir le transporteur aérien.

Letko, Brosseau & Associés, gestionnaire de placement indépendant qui exerce le contrôle sur environ 19,3 % des actions de Transat et qui est l’actionnaire le plus important de la société, a pour sa part réaffirmé hier son soutien à l’acquisition de Transat par Air Canada, estimant que le prix majoré de 18 $ par action représentait un juste prix pour les actions de Transat.

Letko Brosseau confirme que toutes les actions de Transat pour lesquelles elle a le droit de vote ont été votées en faveur de cette transaction.

Quant à M. Péladeau, il a poursuivi sa campagne de relations publiques contre l’accord en faisant publier une pleine page de publicité à ce sujet dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec. L’annonce souligne les risques que ferait peser le rachat de Transat par Air Canada sur les voyageurs canadiens.