(Washington) Walmart, numéro un mondial de la grande distribution, a fait mieux que prévu au 2e trimestre grâce aux États-Unis et se montre optimiste pour le reste de l’année, semblant contredire les Cassandre de la récession et de la guerre commerciale.

Agence France-Presse

L’action gagnait presque 5 % en début de séance à Wall Street.  

Outre les ventes meilleures que ce qu’attendait Wall Street, Walmart a aussi battu les prévisions de bénéfice par action de 5 cents, à 1,27 dollar, lors du trimestre qui s’est clos en juillet.  

Pour l’ensemble de l’année, le distributeur n’exclut plus une hausse de son bénéfice par action en prenant en compte le groupe indien de commerce en ligne Flipkart, acheté l’année dernière pour 16 milliards de dollars.  

Sans l’impact négatif de ce dernier, la progression sera aussi plus forte que prévu initialement.

Les ventes aux États-Unis, soutenues par la stratégie de commerce en ligne (+37 %) du géant et de ses services de livraisons accélérées, ont progressé plus fortement qu’attendu malgré une comparaison difficile avec le deuxième trimestre 2018.  

Walmart s’est surtout montré plus optimiste sur la progression du chiffre d’affaires pour l’ensemble de l’exercice, qui devrait ressortir dans le haut de la fourchette de +2,5 à +3 %.

Les ventes de la seule enseigne Walmart ont progressé de 2,9 %, à 85 milliards de dollars, aux États-Unis pour un chiffre d’affaires total de 130,4 milliards, en hausse de 1,8 % en tenant compte des fluctuations de change.  

Les bonnes performances en Chine et au Mexique ont aidé à contrebalancer les résultats mitigés notamment au Royaume-Uni.  

En ligne contre Amazon

Pour ne pas se laisser distancer par Amazon, Walmart met les bouchées doubles pour répondre à l’exigence croissante des consommateurs de tout vouloir tout de suite.

Aux États-Unis, le groupe disposait de 2700 points de service à l’auto à la fin juillet et de 1100 points de livraison.

À l’instar du géant du commerce en ligne, Walmart propose aussi la livraison directe au domicile, même en l’absence de l’acheteur, et le groupe souligne qu’il est désormais en mesure de livrer 75 % de la population américaine le lendemain d’une commande.

Le développement de ces offres a un coût mais cela en vaut la peine, souligne Neil Saunders, directeur de GlobalData Retail.

Si ces offres cannibalisent en partie les ventes en magasin, elles permettent aussi d’empêcher l’exode chez Amazon et d’attirer une clientèle plus jeune et plus riche, note M. Saunders.

Pour transformer l’essai et rendre l’opération en ligne plus rentable, M. Saunders estime que Walmart doit inciter à augmenter le montant de chaque commande, mieux exploiter son réseau de magasins pour la livraison et améliorer l’intégration des opérations de commerce en ligne.

Les statistiques sur les ventes de détail aux États-Unis de juillet semblent justifier l’optimisme du distributeur.  

Elles ont progressé plus de deux fois plus que ce qu’attendaient les analystes et viennent tempérer les craintes d’une récession imminente.  

La consommation des ménages représente les 3/4 de l’économie américaine.

International

À l’international, Walmart a revu en baisse la progression des ventes initialement prévue. Elle devrait être de 3 à 4 % à taux de change constant, contre 5 % initialement envisagée.

Au deuxième trimestre, Walmart a enregistré un chiffre d’affaires de 30,4 milliards de dollars à l’étranger, en hausse de 3,3 % sur un an.  

« À l’international, la restructuration continue, le Mexique et la Chine du côté positif et le Royaume-Uni et le Canada du mauvais », note Charlie O’Shea, de Moody’s, ajoutant que Flipkart continuera « comme prévu à peser sur la rentabilité du groupe pendant encore quelques trimestres ».