Le président d’Aimia estime que sa dispute judiciaire avec son principal actionnaire n’a pas empêché la société spécialisée dans la fidélisation d’identifier des cibles d’acquisition alors qu’elle tente de tourner la page sur la vente du programme Aéroplan.

Christopher Reynolds
La Presse canadienne

« Nous continuons à nous concentrer sur l’exécution de la stratégie de fusions et acquisitions », a indiqué le chef de la direction, Jeremy Rabe, mercredi, au cours d’une conférence téléphonique avec des analystes, en réponse à une question sur les impacts découlant du litige en cours.

Le mois dernier, Aimia a déposé une poursuite contre Mittleman Brothers LLC, qui détient 23,3 % des actions en circulation de l’entreprise, accusant la firme d’investissement new-yorkaise d’avoir violé une trêve contractuelle, pavant ainsi la voie à un nouveau conflit entourant le contrôle du conseil d’administration de la société.

Aimia a déclaré que Mittleman avait continué à réclamer d’importants changements au sein de l’entreprise malgré la trêve et que cette société avait secrètement tenté d’encourager d’autres actionnaires à ne pas soutenir les candidats à l’élection au conseil d’administration chez Aimia dans le cadre de l’assemblée annuelle.

Ces membres du conseil ont soutenu la stratégie visant à acheter des compagnies d’analyse de la fidélisation avec le produit de 516 millions tiré de la vente d’Aéroplan, le programme phare d’Aimia, à Air Canada plus tôt cette année.

Christopher Mittleman, chef des investissements de la firme qui porte son nom, a déjà indiqué que les allégations d’Aimia étaient « sans fondement » et que la poursuite était « épouvantable en matière de gaspillage et répréhensible pour ses faussetés ».

Au cours du dernier trimestre, Aimia a signé un contrat de plusieurs années entourant le déploiement de son programme de fidélisation chez Iso, un détaillant asiatique qui exploite des supermarchés et des magasins d’alimentation. Aimia a également signé d’autres ententes en Australie ainsi qu’au Canada, a indiqué M. Rabe.

Les deux dernières années ont été mouvementées pour la compagnie. Rupert Duchesne, l’ancien chef de la direction d’Aimia, a quitté son poste en janvier 2017 et a été remplacé par David Johnston pendant un peu plus d’un an, puis par Jeremy Rabe en mai 2018. L’ancien chef de la stratégie, Nathaniel Felsher, est parti en novembre, moins de trois mois après son entrée en fonction.

De plus, un groupe d’actionnaires a critiqué Aimia sur la manière dont elle a tenu son assemblée annuelle le mois dernier, réclamant, sans succès, une reprise du rendez-vous.

Au deuxième trimestre, Aimia a affiché un résultat net de 43,5 millions, ou 29 cents par action, contre 11,1 millions, ou quatre cents par action, à la même période l’an dernier. Cette progression est essentiellement attribuable à la cession d’actifs. Les revenus tirés des activités poursuivies ont toutefois chuté à 31 millions, comparativement à 42,8 millions au trimestre correspondant de l’exercice précédent.

Aimia a affiché une perte d’exploitation de 21,7 millions, alors que sa perte d’exploitation avait été de 39,5 millions au deuxième trimestre l’an dernier.

L’entreprise avait cédé le programme Aéroplan à Air Canada en janvier. Cela avait permis à Aimia d’obtenir d’importantes liquidités, mais plusieurs se demandent maintenant ce qui attend la compagnie.

Les autres actifs de la société comprennent une participation de 48 % dans PLMA, le programme de fidélité d’Aeromexico – qui menaçait de rompre ses liens avec Aimia – et une participation de 20 % du programme de fidélisation d’AirAsia, Think Big.