Alors que les appareils A220-300 d’Airbus s’apprêtent à faire leur entrée dans la flotte d’Air Canada, au début de 2020, le transporteur annonce deux nouvelles liaisons en partance de Montréal et de Toronto.

Isabelle Massé Isabelle Massé
La Presse

À compter du printemps prochain, Air Canada permettra à des voyageurs de se rendre sans escale à Seattle de Montréal (mai 2020) et à San Jose, en Californie, de Toronto.

« Ce sont deux villes américaines qui affichent une bonne croissance économique, explique Mark Galardo, vice-président planification du réseau d’Air Canada, en entrevue avec La Presse. Leur PIB grossit plus vite que la moyenne nationale. Avant, on n’avait pas d’appareils pour exploiter ces liaisons de façon profitable. »

On rappelle qu’au printemps 2016, Air Canada a commandé 45 appareils A220-300 (autrefois du programme de la C Series, appartenant à Bombardier), avec une option d’acquisition sur 30 autres. Le transporteur a opté pour une configuration à 137 sièges, sur une capacité maximale de 160. Air Baltic, un des plus gros clients de l’A220-300, en compte 145 dans ses appareils. « On pense qu’avec 137 sièges, on a une bonne configuration pour maximiser la capacité et le confort des passagers », dit Mark Galardo. 

L’A220 est le meilleur appareil, aux yeux d’Air Canada, pour desservir des marchés secondaires américains ou de grandes villes en dehors des heures de pointe. Celui-ci permettrait aussi de « mieux gérer des capacités en basse saison ».

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Mark Galardo, vice-président à la planification du réseau d’Air Canada

« Tout comme les CRJ de Bombardier l’ont fait pour Air Canada dans les années 90, l’A220 nous fournira un avantage concurrentiel imbattable, a dit M. Galardo lors d’une allocution en janvier dernier. Il n’existe tout simplement pas d’appareil de cette taille pouvant rivaliser avec l’A220. Par ailleurs, la distance franchissable et les économies supérieures que procure cet avion, comparativement à l’E190 d’Embraer que nous utilisons actuellement sur la plupart de nos liaisons nord-américaines, sont indiscutables. Nous prévoyons que l’A220-300 réduira le coût unitaire de 15 % par rapport à l’E190 d’Embraer. » 

Outre les deux nouvelles liaisons, les A220 voleront sur les routes existantes, telles Montréal-Calgary, Toronto-Edmonton et Montréal-Toronto. « Il va aussi nous permettre d’accroître notre capacité sur des routes telles que Montréal-New York », dit Mark Galardo. 

Un atout pour l’Europe

Ce nouveau produit fait partie intégrante de la stratégie de croissance en Europe et en Afrique du Nord d’Air Canada, même si les A220 ne seront pas affectés aux vols transatlantiques.

« Grâce à Seattle, où des Lufthansa et Air France sont déjà établis, on ajoute du trafic pour nos correspondances en Europe, dit Mark Galardo. C’est important pour remplir nos plus gros avions. » 

Au début de l’année, Air Canada annonçait que les 45 appareils (construits à Mirabel et qui peuvent franchir 5900 km) devraient voler pour le transporteur d’ici 2022. « On pense être innovateurs, affirme Mark Galardo. Cela va nous permettre d’avoir plus de liaisons au Canada. Jusqu’ici, seul Delta desservait l’Amérique du Nord en A220. »