Grâce à sa dernière ronde de financement, qui lui a permis de recueillir 26 millions de dollars, la plateforme créative fondée sur l’intelligence artificielle LANDR pourra bientôt lancer deux nouvelles séries de produits. Ses investisseurs de renom comme Sony, Shure et Warner lui permettront de poursuivre son expansion dans différents pays. Pascal Pilon, PDG de LANDR, a répondu à nos questions.

Isabelle Dubé Isabelle Dubé
La Presse

LANDR s’est fait connaître avec son logiciel automatisé de postproduction sonore qui permet aux musiciens de produire un rendu final de leur création avec une finition de qualité comme les artistes majeurs, mais sans payer les coûteux services d’un ingénieur de son. Quelles sont vos prochaines innovations ?

Avant la fin d’août, on va lancer notre programme d’abonnement pour des échantillons. Plutôt que de chercher des musiciens pour jouer ses enregistrements, le créateur moyen pourra obtenir des rythmes, des extraits de solo de guitare, de batterie, de synthétiseur qu’il pourra intégrer dans ses compositions. LANDR sera la première plateforme qui utilise l’intelligence artificielle pour recommander des échantillons à un artiste. La personne n’aura pas besoin d’écouter des centaines d’échantillons. Elle arrivera avec le début de sa composition et notre IA lui fournira des recommandations d’échantillons qui semblent en harmonie avec ce qu’elle est en train de créer.

Quel contenu créatif comptez-vous offrir ?

À partir de décembre, on va proposer des capsules vidéo qui vont permettre d’apprendre à jouer d’un instrument, mais qui vont aussi répondre à des questions concrètes : comment s’enregistrer, comment trouver des collaborateurs, comment être capable de faire la même chose que tel artiste, comment se trouver des fans sur les réseaux sociaux ? Au lieu d’avoir un contenu de deux heures qui détaille tout, comme on voit souvent sur l’internet, on va le découper par portion. Les capsules seront de 3 à 12 minutes. On pense qu’on va attirer une grande quantité d’abonnés juste par ce format-là qui est facile à consommer, simple et très concret. On va nouer des partenariats avec des artistes de notre communauté, des artistes émergents, mais aussi d’autres connus comme Lady Gaga et Gwen Stefani.

Comment évaluez-vous le potentiel d’utilisateurs de votre plateforme ?

On estime que 200 millions de personnes dans le monde créent de la musique chaque année, parce que c’est de plus en plus facile. Comme les créateurs de musique sont actifs pendant une période de sept ans en moyenne, ça fait en sorte que, chaque année, 40 millions de nouvelles personnes commencent à vouloir enregistrer de la musique. Notre plateforme va leur permettre d’apprendre avec des outils très simples. C’est un gros créneau pour aller chercher toute la prochaine génération de créateurs musicaux.

Quel est votre modèle d’affaires ?

Il repose sur la vente d’abonnements à nos outils d’aide à la création et à la commercialisation de la musique. Bientôt, on y ajoutera les abonnements à nos librairies de contenu d’échantillons et à nos capsules éducatives. L’abonnement au contenu d’échantillons sera de 6,99 $ par mois et celui pour le contenu éducatif sera probablement 9,99 $ par mois.

Quand pensez-vous être rentable ?

Notre ligne d’affaires d’origine, le matriçage, est déjà rentable. On est rendus à 2,5 millions d’utilisateurs dans le monde. De façon à aller chercher le plus d’utilisateurs partout dans le monde, la plateforme LANDR est traduite en sept langues, surtout par des volontaires qui traduisent le contenu contre un abonnement gratuit. Grâce aux coûts de lancement de nos nouvelles gammes de produits, on prévoit une rentabilité de l’entreprise dans son ensemble au cours de 2020.