(Montréal) Transat A. T. et Groupe Mach s’affrontaient devant le Tribunal administratif des marchés financiers, jeudi, alors que le groupe immobilier tente de faire dérailler la vente du voyagiste québécois à Air Canada.

La Presse canadienne

L’audience découle d’une plainte déposée cette semaine par la société mère d’Air Transat, qui demande aux autorités d’interdire à Mach d’acquérir un important bloc d’actions qui pourrait empêcher son acquisition par la plus importante compagnie aérienne au pays.

Marc Duchesne, l’avocat du groupe immobilier, a demandé au tribunal administratif de laisser les actionnaires décider, citant ce qu’il considérait comme leur « droit fondamental… de choisir ».

Transat A. T. avait vivement critiqué la stratégie de Mach, qui offre 14 $ par action, soit une prime de 8 % par rapport la proposition à 13 $ par action d’Air Canada, la qualifiant d’« abusive, trompeuse et coercitive ».

L’avocat du voyagiste, Alain Riendeau, a indiqué que cette proposition favorisait un « un faux sentiment d’incertitude et de risque » afin d’inciter les actionnaires à déposer leurs actions « contre leurs propres intérêts et ceux des autres actionnaires ».

En juin, Transat A. T. n’avait pas voulu étudier l’offre de 14 $ par action de Mach, se tournant plutôt vers la proposition de 520 millions d’Air Canada.

Le groupe immobilier espère acquérir « au moins » 6,9 millions de catégorie B de Transat A. T. au prix de 14 $ chacune, ce qui lui coûterait 97 millions. Mach désire exercer les droits de vote rattachés à ces titres afin de voter contre l’offre d’Air Canada — qui doit recueillir l’appui d’au moins les deux tiers des actionnaires du voyagiste — le 23 août.

Le tribunal devrait rendre sa décision avant la fin de la semaine.

Si les actionnaires du voyagiste disent oui à l’offre d’Air Canada, celle-ci sera scrutée par les autorités réglementaires, dont Transports Canada et le Bureau de la concurrence.