Il existe des différences entre le discours du président de Groupe Mach, Vincent Chiara, et l’offre qu’il a présentée aux actionnaires de Transat, insiste la direction de cette dernière.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

En entrevue à La Presse, hier, M. Chiara a réitéré qu’il pourrait être disposé à aller de l’avant avec son offre même si elle n’attirait pas 19,5 % des actions et que les actions ainsi utilisées seraient payées à leurs détenteurs.

Or, le texte de l’offre formelle envoyée aux actionnaires de Transat prévoit un seuil minimal de 19,5 %. L’offre contient des clauses indiquant que l’offre peut être modifiée à tout moment, notamment sur ce point, mais elle n’exclut pas que, dans ce cas, Mach utilise des droits de vote sans jamais acheter les actions qui y sont liées.

« Est-ce que Mach pourrait accepter moins de 19,5 % des actions et les payer ? Oui, a expliqué hier le vice-président aux ressources humaines et affaires corporatives de Transat, Christophe Hennebelle. Est-ce qu’elle en a pris l’engagement ? Non. »

« On pourrait se retrouver dans une situation où Mach n’obtient pas 19,5 % et où le plan d’arrangement [avec Air Canada] est rejeté, ajoute Bernard Bussières, vice-président aux affaires juridiques. L’actionnaire ne toucherait ni les 13 $ ni les 14 $. »

Pressé à ce sujet, hier, M. Chiara a laissé entendre qu’une mise à jour de l’offre pourrait être rendue publique aujourd’hui. Les deux parties doivent se retrouver ce matin devant le tribunal administratif des marchés financiers, à Montréal, pour débattre d’une requête de Transat afin de bloquer l’offre de Mach.

Conditions

Les avocats de Transat y feront aussi valoir que cette offre contient des clauses qui permettraient à Mach de se retirer au dernier moment, à son entière discrétion, après avoir emprunté les droits de vote d’actionnaires, mais avant de les avoir payés, en invoquant par exemple une détérioration de la santé financière de Transat.

L’offre d’Air Canada contient aussi une telle clause, reconnaît-on, mais « Air Canada a déjà procédé à des vérifications diligentes », ce qui atténuerait les risques. Dans sa circulaire aux actionnaires parue le mois dernier, Transat expliquait que Mach avait refusé de signer une entente de confidentialité avant d’obtenir l’accès aux données confidentielles de Transat, d’où le refus de cette dernière de le lui accorder.

Par ailleurs, Mach a aussi amorcé hier, à Montréal et à Québec, une tournée de présentations visant à expliquer son offre. Cette tournée la mènera aussi à Toronto, à Calgary et à Vancouver.