(New York) General Electric (GE) a envoyé mercredi des signaux positifs sur l’avancée de son redressement en relevant ses objectifs financiers pour 2019 du fait d’un léger mieux dans l’Énergie (Alstom).

Luc OLINGA
Agence France-Presse

Le conglomérat industriel a certes enregistré une perte nette de 61 millions de dollars au deuxième trimestre, mais celle-ci est due principalement à une charge de 744 millions liée à la révision à la baisse de la valeur de ses réseaux électriques intelligents, a-t-il indiqué dans un communiqué.

Hormis cette charge, GE a gagné plus d’argent que n’espérait Wall Street : le bénéfice par action ajusté, référence en Amérique du Nord, s’est élevé à 17 cents, contre 12 cents attendus en moyenne par les analystes financiers.

Le chiffre d’affaires a, pour sa part, progressé de 1,1 %, à 28,83 milliards de dollars, mieux que les 28,68 milliards attendus en moyenne par les analystes financiers.

Les recettes générées dans l’Énergie ont plongé de 25 %, à 4,68 milliards de dollars, et les commandes de 22 %.

« L’Énergie a fait d’importants progrès, notamment pour ce qui est de la réduction des coûts fixes et de l’exécution des projets », a souligné le PDG, Larry Culp, qui essaie de relancer le groupe, né il y a 127 ans de la fusion d’Edison et de Thomson-Houston.

GE a connu lors des trois dernières années une véritable descente aux enfers du fait d’acquisitions effectuées dans le secteur énergétique, dont la plus symbolique est le rachat pour 15 milliards de dollars en 2015 du pôle Énergie du fleuron industriel français Alstom.

L’action bondit

Avec Alstom, GE misait sur les énergies fossiles, un pari raté, car il est intervenu en pleine chute des prix de l’électricité de gros et de l’effondrement des commandes des turbines parce que les énergies renouvelables étaient devenues compétitives.

Le secteur s’est retrouvé de plus en surcapacités du fait de l’augmentation du nombre de fermetures de centrales thermiques et du développement du solaire et de l’éolien.

Pour redresser GE, Larry Culp, aux commandes depuis octobre, se repose essentiellement sur des économies et des cessions d’actifs. Il veut réduire les coûts de la division Énergie de l’ordre de 800 millions de dollars sur les deux prochaines années.

Cette recette semble produire des fruits, puisque GE table désormais sur un bénéfice par action ajusté compris entre 55 et 65 cents, contre de 50 à 60 cents auparavant, et une croissance à taux de change et périmètre constants de ses activités industrielles d’au moins 5 %, contre de 1 à 5 % précédemment.

La trésorerie disponible devrait, elle, être comprise désormais entre un déficit d’un milliard de dollars et un gain d’un milliard, contre 2 milliards auparavant.

Cet optimisme « est dû à une amélioration dans l’Énergie […] et une meilleure visibilité pour la seconde moitié de l’année », a expliqué M. Culp, ajoutant : « nous avons fait des progrès, mais il y a encore du travail à faire ».

À Wall Street, le titre bondissait de plus de 3 % dans les échanges électroniques de préséance, semblant également réagir positivement au départ de la directrice financière, Jamie Miller.

Ce départ annoncé mercredi était perçu comme une manière pour M. Culp de tourner définitivement la page de son prédécesseur et de se concentrer sur la transformation de l’entreprise.

Le dirigeant va toutefois devoir régler assez vite un casse-tête : l’aviation, devenue le moteur de croissance, connaît des couacs.

Le nouveau moteur GE9X devant équiper le long courrier 777X, amené à remplacer le 777, a rencontré des problèmes lors des tests, ce qui a contraint Boeing à repousser à début 2020 le premier vol d’essai de son avion.

Le 737 MAX, dont GE est le co-fabricant du moteur LEAP avec le groupe français Safran, est cloué au sol depuis plus de quatre mois suite à deux accidents mortels et des incertitudes entourent encore le calendrier de levée de l’interdiction de vol.

Ces déboires du MAX ont déjà coûté 600 millions de dollars au groupe et la facture pourrait gonfler de 400 millions de dollars au troisième trimestre, et d’autant au quatrième trimestre si l’immobilisation au sol de cet avion phare de Boeing se poursuivait.