(Montréal) Le visage de la Banque Laurentienne s’apprête à changer, puisque dès lundi, les clients de l’institution financière n’auront plus accès à des services transactionnels au comptoir dans la quasi-totalité de ses succursales.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

Toutefois, jusqu’à la fin septembre, six établissements considérés en milieu rural continueront d’offrir ces services, comme les retraits et des dépôts, a indiqué vendredi une porte-parole de la banque, Hélène Soulard, au cours d’un entretien téléphonique.

Ces changements font partie du virage amorcé en 2016 et dans lequel la Laurentienne souhaite n’offrir que des conseils dans ses succursales d’ici la fin de 2019. Jusqu’à présent, des conversions avaient eu lieu dans 31 des 91 établissements de son réseau, selon les dernières données fournies.

Interrogée, Mme Soulard a affirmé que la septième banque en importance au pays avait commencé à prévenir ses clients il y a plus de « quatre mois » que la journée du 19 juillet était la dernière des services au comptoir.

« Il y a un processus qui a été mis de l’avant dans les succursales et des lettres ont été envoyées », a-t-elle expliqué.

Environ 90 employés en étaient à leur dernière journée de travail, vendredi. Ceux-ci font partie de la restructuration annoncée en février et prévoyant l’abolition de quelque 350 postes, a fait savoir Mme Soulard, affirmant qu’il n’y avait pas d’autres mises à pied annoncées.

Ironiquement, la banque souhaite voir ses clients se tourner vers les services au guichet et en ligne alors qu’elle n’offre toujours pas d’application mobile à ses clients, contrairement aux autres grandes institutions financières canadiennes.

« Les habitudes des clients changent et se traduisent par une réduction des visites en succursale pour les services transactionnels de base, a indiqué la porte-parole de la Laurentienne, dans un courriel. C’est maintenant 96 % des transactions de nos clients qui sont effectuées de façon électronique. »

Mme Soulard a également indiqué qu’il y avait une version « mobile » de son site web.

Le Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB, affilié à la FTQ), qui représentait de nombreux employés derrière les comptoirs et qui a critiqué à maintes reprises le virage entrepris par l’institution financière, y est allé d’une autre sortie, par voie de communiqué.

« Nous savons que plusieurs clients, qu’ils soient des personnes âgées ou des plus jeunes, n’aiment pas aller aux guichets et ils détestent encore plus les services en ligne », a indiqué le responsable politique du Comité d’action sociale et politique du syndicat, Marc Glogowski.

Certaines des principales institutions financières ont indiqué à La Presse canadienne ne pas avoir constaté une arrivée massive de clients en provenance de la Laurentienne au cours de la dernière année.

Des personnes plus âgées ainsi que des petites et moyennes entreprises ont toutefois décidé d’aller voir ailleurs, a-t-on indiqué, dans certaines succursales qui n’ont pas voulu être identifiées.

En mars, dernier, les quelque 1200 syndiqués de la Laurentienne dont la convention collective était échue depuis plus d’un an avaient accepté, dans une proportion d’environ 81 %, l’offre patronale finale visant à renouveler leur contrat de travail.

Les négociations avaient été acrimonieuses entre les deux parties et s’étaient notamment retrouvées devant un médiateur ainsi qu’un conciliateur.

Les six succursales de la Laurentienne où l’on continue à offrir des services au comptoir

— Chibougamau

— New Richmond

— Maniwaki

— Paspébiac

— Saint-Raymond

— Baie-Comeau