(Montréal) Le Chemin de fer Canadien Pacifique a dévoilé mardi un chiffre d’affaires record de près de 2 milliards pour son deuxième trimestre, ce qui a surpassé les attentes des analystes et fait grimper son action à un sommet.

Christopher Reynolds
La Presse canadienne

Le titre du deuxième plus grand transporteur ferroviaire du pays bondissait de 10,95 $, soit 3,5 %, mardi après-midi à la Bourse de Toronto, où il se négociait à 320,61 $.

Le Canadien Pacifique a signalé que le trafic avait augmenté dans toutes les catégories, le transport de céréales ayant atteint son troisième niveau le plus élevé en 138 ans d’existence, avec 422 millions, soit une hausse de 13 % par rapport à l’année précédente. Six des neuf secteurs d’activité de la compagnie de chemin de fer ont enregistré une croissance d’au moins 10 %.

Le secteur du trafic intermodal et celui de l’énergie, des produits chimiques et des plastiques — les deuxième et troisième sources de revenus du chemin de fer — ont augmenté respectivement de 12 % et 25 %, pour atteindre 404 millions et 346 millions.

La réduction de l’écart des prix du pétrole brut dans l’Ouest canadien depuis que le gouvernement de l’Alberta a imposé une limite à la production, en janvier, a ralenti les expéditions de brut par train aux clients américains, a observé le responsable de la commercialisation du CP, John Brooks.

« Bien que le pétrole brut par chemin de fer reste variable, nous prévoyons que les volumes continueront d’augmenter alors que l’équilibre entre la production et le plafond de production se stabilisera », a-t-il affirmé lors d’une conférence téléphonique avec les investisseurs.

Le chef de la direction, Keith Creel, a souligné la croissance des revenus « dans tous les secteurs d’activité », ainsi qu’un meilleur ratio d’exploitation, à 58,4 %, un record du deuxième trimestre pour cet indicateur clé.

Les livraisons nationales de charbon figuraient parmi les rares secteurs en difficulté du chemin de fer, « où il existe certaines faiblesses », a-t-il observé.

Confiance envers les deux prochains trimestres

L’analyste Walter Spracklin, de RBC Dominion valeurs mobilières, a indiqué dans une note aux investisseurs que sa firme considérait qu’il s’agit d’un trimestre « très solide » pour le Canadien Pacifique.

Cameron Doerksen, analyste à la Banque Nationale, a pour sa part mis en exergue les « préoccupations macroéconomiques persistantes », évoquant notamment la morosité de l’économie mondiale et les tensions commerciales entre la Chine et, d’une part, les États-Unis, et d’autre part, le Canada.

Le CP a fait écho à cette préoccupation, mais a exprimé sa confiance vis-à-vis des deux prochains trimestres.

« Bien qu’il ne fasse aucun doute qu’il existe de l’incertitude dans l’environnement macroéconomique et que certains de nos secteurs d’activité se soient affaiblis, avec la combinaison de notre solide franchise du vrac, de nouvelles activités en développement et des activités qui démarreront en 2020, je suis très convaincu que nous continuerons à générer de la croissance et à dépasser l’industrie », a affirmé M. Brooks.

L’optimisme survient après ce que M. Creel a qualifié de « premier trimestre très difficile ». Cette période avait été marquée par des températures glaciales et de fortes chutes de neige qui ont entravé les paramètres d’exploitation de la voie ferrée, mais les bénéfices ont malgré tout bondi de 25 % par rapport à l’année précédente.

Au plus récent trimestre, le bénéfice net a grimpé de plus des deux tiers pour atteindre 724 millions, soit 5,17 $ par action, contre 436 millions, ou 3,04 $ par action il y a un an, a annoncé la société établie à Calgary.

Les revenus de 1,98 milliard pour le trimestre terminé le 30 juin sont en hausse par rapport aux revenus de 1,75 milliard d’il y a un an.

Le bénéfice ajusté du CP s’est élevé à 4,30 $ par action, ce qui représentait une hausse de 36 % par rapport à celui de 3,16 $ par action du même trimestre en 2018.

Les analystes visaient en moyenne un bénéfice par action de 4,18 $, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.