Mitsubishi étudie « plutôt sérieusement » la possibilité d’établir dans la région de Montréal un centre de design et d’ingénierie qui l’aiderait à développer les prochaines versions de son appareil régional SpaceJet, selon une source bien au fait du dossier.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Les activités de design d’avions de Mitsubishi, actuellement établies à Nagoya, au Japon, ont récemment pris de plus en plus d’ampleur dans la région de Seattle, aux États-Unis. L’ajout d’un troisième poste, dans la métropole québécoise, fait partie de la réflexion de l’entreprise japonaise, a-t-on pu apprendre.

L’expérience des ingénieurs québécois, notamment dans le marché des avions régionaux où la grande fréquence des vols et les courtes périodes d’escale présentent des défis particuliers, est au cœur de l’intérêt de l’entreprise japonaise.

Mitsubishi prévoit actuellement lancer deux versions du SpaceJet. La première, le M90, devrait offrir de 81 à 92 places et entrer en service au milieu de l’an prochain, sept ans plus tard qu’initialement prévu.

La deuxième version, le M100, a été officiellement lancée la semaine dernière, à l’occasion du Salon aéronautique du Bourget, dans la région de Paris.

Elle comptera de 76 à 84 sièges et s’adressera surtout au marché américain, où la capacité des avions régionaux est limitée à 76 places par les conventions collectives des pilotes.

Puisque la transaction avec Bombardier ne sera vraisemblablement pas conclue avant le début de 2020, c’est surtout sur cette deuxième version, dont le lancement est prévu en 2023, que les ingénieurs québécois seraient appelés à travailler.

Une troisième version de 100 places, baptisée M200, a aussi été évoquée à Paris la semaine dernière. Elle pourrait aussi faire l’objet des efforts des cerveaux québécois.

L’acquisition du programme d’avions régionaux CRJ de Bombardier par Mitsubishi, en début de semaine, a été perçue comme une occasion par l’industrie locale de l’aéronautique, notamment par la présidente d’Aéro Montréal, Suzanne M. Benoît.

Celle-ci a notamment évoqué la possibilité pour des fournisseurs québécois du CRJ d’obtenir une certaine visibilité auprès de Mitsubishi, en vue possiblement d’une intégration dans le programme SpaceJet.

À cet effet, la porte n’est pas fermée chez Mitsubishi. Si l’essentiel des fournisseurs du M90 a déjà été trouvé, selon notre source, il reste encore quelques rôles à combler. Les possibilités seraient plus élevées en ce qui concerne le M100, moins avancé dans son développement et qui différera du M90 sur certains points.