Dans le cadre de sa tentative d’achat de Transat, le Groupe Mach a annoncé hier une «  convention non contraignante  » avec le gouvernement du Québec, sans offrir plus de détails. Or, le ministre Pierre Fitzgibbon a insisté sur le fait que Québec n’avait pris aucun engagement envers Mach, se limitant à un appui moral.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

En amendant hier sa proposition d’acquisition pour Transat au prix de 14 $ par action, Mach a retiré les conditions relatives au financement du gouvernement du Québec. Mach affirme aussi ne plus avoir absolument besoin du soutien de la Caisse de dépôt et placement du Québec, ni de celui du Fonds FTQ, deux importants actionnaires institutionnels de Transat détenant respectivement des participations approximatives de 6 % et 12 %.

La proposition présentée par Mach le 4 juin était soumise à plusieurs conditions, notamment à une aide financière du gouvernement du Québec d’environ 120 millions qui devait faire l’objet de négociations ainsi qu’à une convention de soutien et de dépôt d’actions entre Mach, le Fonds FTQ et la Caisse.

Message pas clair

Dans son communiqué, Mach se dit « heureux d’annoncer sa convention non contraignante avec le gouvernement du Québec dans le cadre de sa proposition » pour Transat. Malgré nos demandes, il n’a pas été possible d’obtenir des précisions de Mach sur ce point.

« Je ne suis pas certain de comprendre exactement le message », a dit le ministre québécois de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon.

« Il n’y a pas d’engagement ferme sur un montant de la part du gouvernement. Toutefois, j’ai déjà dit que toute solution québécoise pour Transat pour laquelle il y aurait une demande formulée au gouvernement, nous devions l’analyser. Investissement Québec a été mandaté pour étudier les propositions. À ce stade-ci, c’est un support moral. Nous avons regardé une partie de leur plan d’affaires qui est très préliminaire », dit le ministre.

« Il faut comprendre qu’en ce moment, Transat ne discute qu’avec Air Canada. Conséquemment, Mach ou tout autre groupe intéressé à faire une offre n’a pas eu d’informations spécifiques sur Transat, ni accès au dataroom. On ne peut donc se commettre sur un financement puisque l’information autre que celle qui est publique n’est pas disponible  », dit-il.

«  On a vu leur plan. Il a de l’allure au niveau du développement d’hôtels. Mach et son partenaire espagnol ont de l’expertise à ce niveau, il n’y a pas de doute. Mais on parle aussi d’un transporteur aérien. C’est une industrie très complexe. J’arrive du Bourget et je peux vous dire que ça ne se simplifie pas avec les années. Il faut voir les chiffres parce qu’honnêtement, Transat n’est pas une société facile. On a vu comment l’action fluctue depuis 10 ans. »

Transat a convenu en mai d’une période d’exclusivité de négociations pour son acquisition par Air Canada, sur la base d’un prix de 13 $ par action. Cette période prend fin cette semaine, en principe.

Au salon aéronautique du Bourget la semaine dernière, Pierre Fitzgibbon a confié discuter fréquemment avec le patron d’Air Canada, Calin Rovinescu. « On se parle régulièrement parce qu’il ne veut pas faire une transaction que le gouvernement ne supporte pas. »

L’action de Transat a gagné 4 % hier pour clôturer à 14,02 $ à la Bourse de Toronto.

— Avec la collaboration de Jean-François Codère, La Presse