Et si vous pouviez acheter du jus d’orange, de la crème glacée, de l’huile d’olive, du miel, des biscuits et de l’antisudorifique dans des contenants réutilisables une centaine de fois ? C’est exactement ce que propose Loop, un nouveau « système de magasinage circulaire » né aux États-Unis. Son arrivée au Canada est prévue pour janvier, grâce à une association avec Loblaw.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

Le géant de l’alimentation lancera un projet pilote avec Loop à Toronto au début de 2020, a-t-il annoncé hier. Ses clients pourront alors acheter en ligne et se faire livrer une foule de produits le Choix du Président ou de grandes marques nationales dans des contenants réutilisables uniques en leur genre.

Une fois les contenants vides, le consommateur n’a qu’à les replacer dans son sac Loop, au lieu de les déposer dans son bac de recyclage ou au rebut. Loop passera ensuite les récupérer et les nettoiera afin qu’ils soient réutilisés.

Les produits aux emballages durables sont vendus le même prix que leur équivalent en magasin. Il faut toutefois payer une consigne. La façon dont Loop (une initiative de TerraCycle) compte faire de l’argent avec son système n’a pas été précisée.

Aux États-Unis, Loop a conclu un partenariat avec les supermarchés Kroger et les pharmacies Walgreens, en France avec la chaîne Carrefour et en Angleterre avec Tesco. Le Japon devrait s’ajouter à la liste en 2020.

De grandes multinationales de la transformation alimentaire sont également entrées dans la danse : Nestlé (Häagen-Dazs), Proctor & Gamble (Pantene, Tide, Cascade), Clorox (lingettes), Unilever (Axe, Dove), PepsiCo (Tropicana) et même Shell (huile à moteur). En tout, Loop compte environ 25 partenaires.

De « moins cher possible » à esthétique

Cette nouvelle façon de faire, qui transfère la propriété du contenant au fabricant, crée de nouvelles opportunités, croit le fondateur et PDG de TerraCycle et de Loop, Tom Szaky.

« Le contenant ne représente plus un coût pour le fabricant, mais un atout. Au lieu de viser à rendre l’emballage le moins cher possible, il peut être conçu pour être plus esthétique. Il peut aussi mieux fonctionner. Le contenant d’Häagen-Dazs, par exemple, peut conserver la crème glacée congelée pendant plusieurs heures », a-t-il dit au magazine Fast Company en janvier.

Selon Bloomberg, les contenants réutilisables coûtent deux fois plus cher à produire, mais leur fabrication peut être amortie sur une longue période.

« Il y a trop de déchets plastiques. Notre industrie fait partie du problème, mais nous pouvons faire partie de la solution. » — Sarah Davis, présidente de Loblaw

Selon la dirigeante, le partenariat avec Loop est « un exemple puissant d’un groupe d’innovateurs entrepreneuriaux travaillant avec de grandes entreprises aux vues similaires pour apporter une solution significative à un problème réel ».

« Il n’y a pas si longtemps, les consommateurs achetaient leur lait dans une bouteille en verre. Ensemble, en relançant ce modèle, pour refléter le confort d’aujourd’hui, nous contribuerons à éliminer l’idée de gaspillage et à offrir une meilleure expérience à nos consommateurs », a pour sa part déclaré Tom Szaky, fondateur et PDG de TerraCycle et de Loop.

TerraCycle se décrit comme une « entreprise de gestion des déchets innovante dont la mission est d’éliminer l’idée des déchets ». Présente dans 21 pays, elle encourage les fabricants « à posséder et à assumer la responsabilité de leurs emballages à long terme ».

Voyez comment fonctionne Loop