Le PDG de Boeing a redit la confiance «dans la sécurité intrinsèque du 737 MAX» après la publication du rapport préliminaire sur l'accident d'Ethiopian Airlines mettant clairement en cause le système de contrôle de cet appareil et dédouanant les pilotes.

Mis à jour le 4 avr. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Quand le MAX reprendra les airs avec les modifications des fonctions du MCAS, il sera l'avion le plus sûr qui ait jamais volé», a en outre promis Dennis Muilenburg dans un communiqué.

Le MCAS (Maneuvering Characteristics Augmentation System),  spécialement conçu pour le 737 MAX afin de le protéger du risque de décrochage, est accusé d'avoir contribué à la tragédie éthiopienne qui a fait 157 morts le 10 mars ainsi qu'à l'accident de la compagnie indonésienne Lion Air le 29 octobre qui a fait 189 morts.

«Nous ressentons tous l'immense gravité de ces événements [...] et nous reconnaissons le désespoir des familles et des amis qui chérissaient ceux qui ont péri», a déclaré M. Muilenburg.

«L'histoire de l'industrie aéronautique montre que la plupart des accidents sont causés par un enchaînement d'événements», a-t-il relevé, reprenant les conclusions préliminaires de l'enquête : dans les deux cas, le MCAS a été activé de manière involontaire en raison de données erronées d'une sonde d'angle d'attaque (AOA).  

«C'est de notre responsabilité d'éliminer ce risque», a-t-il concédé.

Les raisons de la défaillance de la sonde qui, dans les deux tragédies, a continué à transmettre des données erronées au MCAS, n'ont pas été déterminées à ce stade.

Dennis Muilenburg a d'ailleurs assuré que Boeing «prenait la responsabilité de construire et de livrer des avions [...] qui sont sûrs et qui peuvent être pilotés par tout pilote professionnel dans le monde».

Dans leur rapport préliminaire, les autorités éthiopiennes ont recommandé aux autorités de l'aviation de vérifier que le système de contrôle de vol soit correctement modifié avant d'autoriser ces avions à revoler.

Toute la flotte 737 MAX est clouée au sol depuis mi-mars.

Les enquêteurs éthiopiens ont révélé que le commandant de bord et son copilote, quoique jeunes (29 et 25 ans), avaient appliqué toutes les procédures d'urgence pour tenter de reprendre le contrôle de l'avion mis dans un dangereux «piqué» par le MCAS. Mais ces procédures se sont avérées insuffisantes.

Plus tôt, le responsable de la division aviation commerciale du constructeur américain Kevin McAllister avait promis que «toutes les mesures supplémentaires nécessaires pour renforcer la sécurité» seraient prises.