BlackRock, le premier gestionnaire d'actifs au monde, a procédé mardi à une vaste réorganisation inédite, donnant du galon à de nouveaux dirigeants au moment où les profits du secteur sont sous pression.

AGENCE FRANCE-PRESSE

La société new-yorkaise, qui gère pour 6000 milliards de dollars d'actifs, a nommé un nouveau patron à la tête de la division investissements alternatifs (hedge funds, sociétés de capital investissement), réorganisé sa division ventes et opéré un jeu de chaises musicales entre cadres, selon un document interne consulté par l'AFP.

Edwin Conway va diriger la division investissements alternatifs, un des secteurs les plus en vue à Wall Street en raison des grosses commissions qui y sont attachées.

Cette promotion en fait, avec Mark Wiseman, le président du conseil d'administration de cette division, un des successeurs putatifs de Larry Fink.

« Aujourd'hui, nous faisons des changements destinés à s'assurer que nous devancions les envies de nos clients et les besoins de notre entreprise », écrivent Larry Fink et son numéro 2 actuel Rob Kapito.

Cette réorganisation, une des plus importantes depuis de nombreuses années, est effectuée au moment où la gestion d'actifs traverse une période difficile, les investisseurs choisissant des produits financiers aux frais de gestion souvent faibles.

Pour y faire face, BlackRock essaie de se diversifier notamment dans les activités de fonds d'investissements, de hedge funds et de sociétés de capital investissement.

Le pari pour les investissements alternatifs de la société new-yorkaise s'explique par le fait que les grandes banques ont dû abandonner certaines activités jugées risquées par les régulateurs et aussi parce qu'elles doivent constituer des matelas de liquidités importants.

Ce faisant, elles ont laissé le champ libre aux fonds, non soumis à ces règles, qui se ruent alors sur ces investissements (immobilier, infrastructures, financement direct des entreprises...). Ces investissements sont actuellement parmi les plus demandés dans le monde de la finance, car les fonds de pension, les assureurs et autres grands investisseurs se détournent des marchés actions et obligataires.

Lundi, BlackRock a réussi à lever 2,75 milliards de dollars auprès d'investisseurs dans le cadre d'un tour de table visant à donner les moyens financiers à un nouveau véhicule d'investissements.

En mars, la société était également entrée en négociations exclusives pour racheter l'éditeur français de logiciels pour les professions financières eFront pour 1,3 milliard de dollars.