NorthStar Ciel et Terre, une entreprise montréalaise financée entre autres par Charles Sirois, ouvrira un centre de recherche au Luxembourg, où le gouvernement souhaite aussi investir dans l’entreprise.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

L’ambitieux projet de NorthStar est de placer en orbite une quarantaine de satellites qui seront équipés à la fois de caméras hyperspectrales permettant de surveiller la Terre et de capteurs permettant de « gérer le trafic » dans l’espace.

La « congestion » de l’espace est un enjeu de plus en plus préoccupant pour de nombreux pays. On estime que jusqu’à 34 000 satellites et débris tournent autour de la Terre à plusieurs milliers de kilomètres-heure, créant d’importants risques de collision. Plusieurs de ces objets ne sont plus contrôlés ou même surveillés et il n’existe aucun registre ou autorité centrale.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Charles Sirois, actionnaire principal de NorthStar Ciel et Terre

En entrevue au salon aéronautique du Bourget, en juin dernier, le principal actionnaire de NorthStar, Charles Sirois, décrivait la solution de son entreprise comme la seule actuellement en développement.

Présence en Europe

L’ouverture d’un bureau de recherche au Luxembourg servira l’entreprise de plusieurs façons, selon son porte-parole, Jean-Philippe Arseneau.

« Le Luxembourg est vraiment un hub de l’espace en Europe », note-t-il.

Le minuscule pays enclavé entre la France, la Belgique et l’Allemagne accueille aussi plusieurs assureurs, une industrie d’intérêt pour NorthStar.

« Comme nation membre de l’Union européenne, ça nous donne aussi accès à toutes sortes de programmes là-bas », rappelle M. Arseneau.

Le Luxembourg est par ailleurs reconnu pour sa fiscalité favorable. « Ça n’a même pas été un facteur quelconque, assure M. Arseneau. Toutes nos activités demeurent basées ici. C’est une expansion de ce qui se passe à Montréal. »

Autre facteur non négligeable : le gouvernement luxembourgeois montre un grand intérêt pour l’industrie aérospatiale en général et pour NorthStar en particulier, au point de songer sérieusement à y investir directement.

Depuis sa fondation, NorthStar a déjà reçu des investissements provenant des gouvernements du Québec et du Canada, ainsi que de la Space Alliance, une coentreprise des géants européens de l’aérospatiale Thales (France) et Leonardo (Italie).

Son actionnaire majoritaire est Télésystème Espace, contrôlé par les familles Sirois et Rogers.

Au Bourget, M. Sirois disait être à la recherche de 2,4 milliards de dollars de financement supplémentaire.

« Oui, ça avance, et oui, on devrait avoir des annonces à ce sujet très bientôt », a indiqué M. Arseneau, tout en précisant qu’il s’agirait d’une « première bouchée », et non de la somme complète.