Pour un deuxième trimestre de suite, Bombardier révise à la baisse ses prévisions financières pour l’année 2019, en raison des difficultés qu’elle éprouve à conclure certains grands contrats ferroviaires. En Bourse, son titre a ouvert la journée en baisse de 17 %.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

L’entreprise québécoise a profité du dévoilement de ses résultats du deuxième trimestre, ce matin, pour annoncer qu’elle devra débourser de 250 à 300 millions de dollars américains supplémentaires pour mener à bien ces contrats, affectant d’autant son bénéfice d’opération prévu sur l’ensemble de l’année.

Ces problèmes la forcent également à réviser sa prévision quant à son utilisation de ses liquidités durant l’année. Alors qu’elle prévoyait un résultat neutre, à plus ou moins 250 millions de dollars, Bombardier prévoit maintenant que 2019 fera fondre ses liquidités d’environ 500 millions.

Il y a trois mois, à la même occasion, elle avait annoncé que ces projets problématiques se solderaient en une baisse de ses revenus d’environ un milliard et de son bénéfice d’exploitation d’environ 150 millions de dollars américains.

Le président et chef de la direction Alain Bellemare et le chef de la direction financière John Di Bert ont essuyé un barrage de questions à ce sujet lors d’une téléconférence avec les analystes ce matin. L’entreprise, ont-ils expliqué, investit présentement de façon importante dans ses capacités, principalement au niveau logiciel, pour élargir un goulot d’étranglement qui l’empêche présentement de livrer environ 700 voitures de train déjà complétées, mais qui doivent patienter dans son inventaire.

Bombardier a conclu le deuxième trimestre de 2019 avec une perte nette de 36 millions US, comparativement à un gain de 70 millions US, l’an dernier, et des revenus de 4,31 milliards, en hausse de 1 %. La croissance organique de ses revenus, qui exclut les actifs cédés en cours d’année, a été de 9 %.

Si les résultats déçoivent du côté Transport, ses divisions aéronautiques ont plutôt bien fait. Dans l’ensemble, Bombardier y a enregistré un bénéfice d’exploitation de 21 millions de dollars, ramené à 12 millions par une perte de 9 millions correspondant à sa part (33,5 %) du programme A220.

Rectificatif : Une version précédente de ce texte annonçait erronément la part de Bombardier dans l’A220 à environ 16 %.