(Tokyo) Le fleuron japonais de l’électronique Sony a dégagé un bénéfice net en repli de 33 % sur un an à l’issue du premier trimestre de l’exercice 2019/20, conséquence de l’absence d’un gain exceptionnel encaissé un an plus tôt, alors même que sa rentabilité s’est nettement améliorée.

Agence France-Presse

Au terme des mois d’avril à juin, le résultat net est tombé à 152,12 milliards de yens (1,24 milliard d’euro), sur des ventes qui ont faibli de 1,4 % et devraient être inférieures aux prévisions initiales sur l’ensemble de l’année. En revanche, le bénéfice opérationnel du trimestre, lui, a bondi de 18 % sur un an.

Au début de l’an passé, Sony avait empoché un gain exceptionnel de quelque 113 milliards de yens lié à la cession et réévaluation de parts dans le service de musique en flux (streaming) Spotify.

Cela a ainsi biaisé la base de comparaison pour cette année, mais Sony avait prévenu avant.

Sur le plan purement opérationnel, même si les recettes ont décliné à 1925,7 milliards de yens (28 milliards de moins qu’un an plus tôt), du fait de moindres performances dans l’activité vedette des jeux vidéo, la rentabilité globale a fortement augmenté, grâce aux forts revenus et bénéfices tirés des capteurs d’images pour les téléphones.

Déconvenue dans les jeux vidéo

Sony fournit en effet les plus grands fabricants du monde avec ses capteurs Cmos qu’il produit en très grandes quantités et dans lesquels il continue d’investir.

S’agissant des jeux vidéo, Sony souligne que le début de l’an passé était un cru assez exceptionnel avec une contribution très forte des jeux maison, des taux de change plus favorables et un apport meilleur découlant des divertissements conçus par d’autres. Chose positive néanmoins, les recettes de ventes de consoles PS4 et d’accessoires associés (casque virtuel notamment) ont progressé.

Cependant, sur l’ensemble de l’année, les revenus issus de cette division seront sans nul doute inférieurs aux estimations antérieures, d’où une révision négative.

Dans les autres divisions de produits électroniques, le recul des ventes en volume de téléviseurs, appareils photo et téléphones ont pesé, de même que les taux de changes, mais la bonne nouvelle vient d’une réduction des coûts dans le domaine des téléphones, division qui est enfin sortie du rouge, bien que les revenus de ventes aient baissé.

Musique et cinéma rapportent

Sony se félicite par ailleurs du bon départ de son activité de musique dont les ventes ont augmenté grâce notamment à l’apport d’EMI Music, filiale désormais intégrée aux comptes du groupe, et aux recettes tirées du streaming.

Les derniers volets des sagas cinématographiques Spider-Man et Men in Black ont par ailleurs dopé l’activité des studios.

Cela donne raison à feu le créateur de Sony, Akio Morita, et au précédent PDG, Kazuo Hirai, qui ont toujours plaidé pour que Sony continue de fournir le matériel audiovisuel (téléviseurs, caméras, baladeurs audio, enceintes, casques, consoles) et les contenus allant de pair.

Pour l’ensemble de l’année, Sony, tenant compte d’une petite déconvenue dans les jeux vidéo, a révisé négativement sa prévision de chiffre d’affaires total, à 8600 milliards de yens au lieu de 8700 milliards, ce qui représentera le cas échéant un repli de 0,8 % sur un an.

En revanche, le groupe, qui fête cette année les 40 ans de sa gamme de baladeurs audio Walkman, a maintenu son estimation de bénéfice d’exploitation à 810 milliards de yens (-10 %) et attend toujours un résultat net annuel à 500 milliards (-45 % surtout du fait des éléments exceptionnels).