(Washington) Le groupe bancaire italien UniCredit va payer 1,3 milliard de dollars aux autorités américaines pour éviter des poursuites à cause de violations des sanctions américaines contre l’Iran, Cuba, la Libye et le Soudan notamment, a annoncé le Trésor lundi.

Agence France-Presse

Selon le Trésor américain, UniCredit « a donné la priorité aux profits plutôt qu’au respect des sanctions et à la sécurité en effectuant des transactions valant des milliards de dollars avec des clients dans des pays placés sur la liste des sanctions comme l’Iran, la Libye, et Cuba », indique un communiqué du Trésor américain.

Trois branches d’UniCredit, c’est-à-dire ses filiales en Allemagne, Autriche et en Italie étaient concernées par ces poursuites menées par le département des services financiers de New York, le Trésor, mais aussi la Réserve fédérale, autorité de régulation bancaire.

Les services financiers de New York ont déterminé qu’entre 2002 et 2011, la filiale allemande UniCredit AG a procédé à 2570 transactions opaques en dollars, totalisant 5,4 milliards de dollars vers des entités ou pays sanctionnés par les États-Unis.

La banque italienne a utilisé des institutions financières américaines comme intermédiaires pour ces transactions.

Le Trésor a indiqué que pendant cette période, UniCredit a géré des comptes en dollars pour la compagnie de transport maritime iranienne IRISL.  

Avec ses filiales autrichienne et italienne, UniCredit est aussi accusé d’avoir procédé jusqu’en 2012 à des paiements vers des destinations qui étaient gardées secrètes comme la Birmanie, Cuba, l’Iran, la Libye, le Soudan et la Syrie, affirme l’administration américaine. La filiale allemande UniCredit AG recourrait à des stratagèmes sur le réseau de transfert international SWIFT pour effectuer ces opérations « non-transparentes », ont indiqué les autorités américaines.  

Sur les 1,3 milliard de dollars de pénalités qui seront versées aux autorités américaines, 611 millions de dollars sont notamment réclamés par le Trésor, 405 millions par le département des services financiers de New York et 158 millions par la Fed.

Dans un communiqué, le groupe bancaire italien indique que sa filiale allemande qui opère sous le nom de HypoVereinsbank paiera un montant de 633 millions de dollars. Cette filiale a été reconnue coupable de « complot » devant un tribunal fédéral de New York.

Ces pénalités ont été surcouvertes par des provisions déjà effectuées par le groupe bancaire à la fin de 2018. En conséquence, « l’accord final va permettre le dégagement de 300 millions d’euros de provisions qui auront un impact positif au 1er trimestre », a indiqué UniCredit dans un communiqué.

La banque italienne assure que depuis l’enquête, elle a « appliqué de manière volontaire des mesures de correction pour renforcer les procédures de contrôle » afin de respecter ce qui est demandé dans le cadre des sanctions financières.  

Depuis la crise financière, les grandes banques américaines et internationales ont écopé d’amendes dépassant un total d’une centaine de milliards de dollars pour différents contentieux portant sur leurs errements liés aux crédits immobiliers à risque (subprime) et leurs violations supposées des sanctions américaines à l’encontre de pays comme l’Iran ou Cuba.