Le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon a gardé la porte ouverte à une opération de sauvetage de la mine de diamants dans laquelle Québec et la Caisse de dépôt ont investi ensemble un demi-milliard.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

«Je vais investir si les conditions sont gagnantes», a dit le ministre dans une mêlée de presse, qui a suivi une allocution devant le Conseil du patronat.

«Il y a de nouveaux membres du conseil d’administration. Il y a des discussions internes avec Ressources Québec, filiale d’Investissement Québec [bras financier du gouvernement auprès des entreprises], sur une base quotidienne. La Caisse de dépôt est aussi au dossier. On regarde à mettre les conditions en place, parce que c’est une opération qui pourrait un jour être profitable. Il n’y a rien d’insurmontable.

«Est-ce qu’on va mettre d’autre argent? Possiblement, mais il faut que les conditions soient présentes», a répété le ministre en soulignant que Stornoway faisait face à la fois à des enjeux conjoncturels (le prix du diamant) et structurels. Il a rappelé que le Québec avait une expertise historique dans l’exploitation de gisements d’or et aussi dans le fer, mais l’exploitation devient plus compliquée pour les matériaux industriels comme le graphite et le lithium ou les mines orphelines comme la mine de diamants Renard.

Stornoway a annoncé en début de semaine l’arrêt de l’exploitation d’un gisement à ciel ouvert, comptant pour 7% de la production totale de la mine. Elle continue d’exploiter deux gisements en souterrain. Cette décision ne réduit en rien la production de carats de la mine Renard, mais permet de limiter les coûts de l’entreprise qui éprouve des problèmes de liquidités.

«Stornoway continue à évaluer les options pour redresser son bilan financier et demeure confiant du support de ses partenaires», a soutenu la société dans un communiqué publié vendredi.

Le marché global du diamant traverse une période difficile et les prix sont bas. La mine a expérimenté des problèmes de bris de diamant dans le passé, mais son patron Patrick Godin assure que le niveau de bris est revenu dans les normes de l’industrie à la suite de l’amélioration du procédé de récupération.