L'incertitude entourant les nouvelles politiques frontalières des États-Unis pourrait avoir au moins une conséquence positive, a affirmé mardi le patron de WestJet Airlines, faisant valoir qu'elle pourrait alimenter une augmentation du nombre de visiteurs internationaux au Canada.

Ian Bickis LA PRESSE CANADIENNE

Le transporteur n'a pas encore constaté de hausse d'intérêt pour ses destinations canadiennes, a souligné le chef de la direction du transporteur, Gregg Saretsky, mais il n'écarte pas cette possibilité compte tenu de l'évolution rapide de la situation aux États-Unis.

«Avec l'intensification des problèmes à la frontière et des dossiers politiques, je crois qu'il y a peut-être une occasion, pour le Canada, de profiter d'une augmentation du nombre de visites de touristes étrangers», a affirmé mardi M. Saretsky, lors d'une conférence téléphonique pour discuter des résultats trimestriels de WestJet.

«Nous suivons avec intérêt ce qui se déroule sur la scène politique en mouvement. Nous travaillons avec les douanes américaines et l'agence de contrôle frontalier pour nous assurer que nous respectons les lois, mais de toute évidence, la situation est très fluide et, d'un jour à l'autre, il y a beaucoup de va-et-vient.»

Selon le vice-président commercial de WestJet, Bob Cummings, le transporteur n'a toujours pas observé de déclin du nombre de visiteurs aux États-Unis sur ses vols.

Il y a près de deux semaines, le président américain Donald Trump a émis un décret-loi interdisant l'accès aux États-Unis pour les personnes en provenance de sept pays majoritairement musulmans. Le décret a alimenté une certaine confusion et de la colère chez certaines personnes qui proviennent de ces pays.

Depuis, un juge fédéral a temporairement empêché le gouvernement américain de faire respecter le décret controversé, mais l'administration Trump a porté sa décision en appel.

En ce qui a trait à la scène nationale, M. Saretsky a indiqué que WestJet commençait à observer un début de reprise en Alberta, la province qui voit atterrir ou décoller environ 40 de ses avions.

«Il est évident que l'Alberta s'est embourbée dans une récession massive ces deux dernières années», a noté M. Saretsky. «Au fur et à mesure que l'Alberta se sortira de son trou, nous nous attendons pleinement - c'est ce que nous observons maintenant - à des signes de retour à la vie et une plus forte demande.»

Le ralentissement en Alberta et une hausse des coûts dans l'ensemble des activités ont contribué à une baisse de 19,6 pour cent des profits annuels de WestJet par rapport à 2015.

Le bénéfice net du transporteur de Calgary s'est chiffré à 295,5 millions, soit 2,45 $ par action, pour le trimestre clos le 31 décembre. En comparaison, il avait été de 367,5 millions, ou 2,92 $ par action, pour l'exercice 2015 - une année record pour WestJet.

Le profit du plus récent trimestre s'est pour sa part établi à 55,2 millions, soit 47 cents par action. Cela représente une baisse de 12,9 %  par rapport au bénéfice de 63,4 millions, ou 51 cents par action, du quatrième trimestre de 2015.

Les revenus annuels de WestJet ont augmenté de 2,32 % à 4,12 milliards, tandis que son chiffre d'affaires du plus récent trimestre a grimpé de 6,2 % à 1,02 milliard. Les dépenses liées à l'exploitation ont grimpé de 6,4 pour cent pour l'exercice et de 10,2 %  pour le trimestre.