La pétrolière Chevron est passée dans le rouge en 2016, accusant une perte nette de 497 millions de dollars, toujours affectée par de bas prix du baril de brut et du gaz naturel, selon un communiqué publié vendredi.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Elle s'est dite confiante pour 2017 après avoir observé une stabilisation des prix en fin d'année, ce qui s'est traduit par un bénéfice net de 415 millions de dollars au quatrième trimestre, contre une perte de 588 millions à la même période un an plus tôt.

Rapporté par action et ajusté des éléments exceptionnels, le bénéfice trimestriel est toutefois ressorti à seulement 22 cents, loin des 64 cents attendus en moyenne par les marchés financiers.

C'est aussi le cas pour l'année: le bénéfice par action ajusté 2016 est de 0,27 dollar, contre 1,38 dollar anticipé par les marchés.

À Wall Street, le titre était lourdement sanctionné: il perdait 2,76% à 113,33 dollars dans les échanges électroniques quelques minutes avant l'ouverture de la séance.

Hausse du dividende

Sans grande surprise, les activités de l'amont (production-exploration pétrolière) ont creusé leur perte à 2,54 milliards de dollars en 2016, contre un déficit de 1,96 milliard en 2015.

La perte de cette division, vache à lait des majors, est due à un effondrement de l'activité pétrolière aux États-Unis, aux dépréciations d'actifs et à de faibles gains générés par les ventes d'actifs.

Le raffinage (aval) n'est pas parvenu à compenser le recul dans l'exploration: le bénéfice annuel de cette activité a chuté de 54,8% à 3,44 milliards de dollars. Traditionnellement, quand les prix du brut sont bas, les coûts de traitement sont allégés, ce qui profite aux raffineurs comme Chevron, qui est également propriétaire de stations-service.

Le chiffre d'affaires a en outre fondu à 114,47 milliards de dollars sur l'année, en chute de 17,3%, mais remonte de 7,7% à 31,5 milliards au quatrième trimestre.

La production du groupe a atteint sur l'année 2,59 millions de barils par jour (mbj), en baisse de 1% sur un an. Elle était de 2,67 millions de mbj au quatrième trimestre, inchangée sur un an.

«Nos résultats reflètent de bas prix du pétrole et du gaz durant l'année écoulée», a tenté d'expliquer le PDG John Watson, cité dans le communiqué, ajoutant que Chevron y avait répondu en réduisant ses investissements et ses dépenses opérationnelles à hauteur de 14 milliards de dollars.

Le groupe californien a engagé une restructuration comprenant la suppression de 8000 emplois, soit 12% de ses effectifs, des dépréciations d'actifs et une forte réduction de ses investissements.

L'entreprise prévoit par exemple 19,8 milliards de dollars d'investissements pour 2017, en baisse de 11,6% sur un an.

Chevron est plus sensible aux fluctuations des cours de l'or noir que son rival ExxonMobil, qui doit publier ses résultats annuels le 31 janvier, parce que 67% de sa production est constituée de pétrole.

Il entend poursuivre sa cure d'austérité en 2017 et mise aussi sur une stabilisation des prix et une hausse de sa production pour accroître ses revenus.

«Cette confiance nous a permis d'augmenter le dividende annuel 2016 pour la 29e année consécutive», se réjouit John Watson.

Chevron vendait le baril de pétrole à 40 dollars au quatrième trimestre à ses clients aux États-Unis, contre 35 dollars à la même période en 2015. À l'international, le tarif était de 44 dollars le baril, contre 39 dollars un an plus tôt.