Le groupe américain de produits pharmaceutiques et d'hygiène Johnson & Johnson, qui a livré mardi des prévisions prudentes pour 2017, envisage de vendre sa division spécialisée dans le diabète.

Luc OLINGA AGENCE FRANCE-PRESSE

Il a engagé une procédure pour évaluer les «options stratégiques» pour ses marques LifeScan Inc, Animas Corporation et Calibra Medical, spécialisées dans la fabrication des glucomètres et pompes à insuline.

«Ces options stratégiques incluent nouer des partenariats, créer des coentreprises ou alliances stratégiques, une vente de ces activités», détaille le groupe du New Jersey (est).

Il pourrait aussi les vendre séparément, mais il est possible aussi qu'aucune transaction n'intervienne à la fin de la procédure, dont aucun calendrier n'a été donné, prévient Johnson & Johnson. Les équipements médicaux sont moins rentables que les médicaments utilisés dans le traitement du diabète.

Ces activités ont réalisé un chiffre d'affaires de 1,8 milliard de dollars en 2016, soit un peu plus de 5% seulement des revenus de la division pharmacie.

Leur «rentabilité a décliné», a expliqué le PDG Alex Gorsky, lors d'une conférence téléphonique avec les analystes.

Johnson & Johnson est en revanche resté muet mardi sur les négociations exclusives engagées en décembre avec la biotech suisse Actelion, spécialisée dans les maladies rares et connues pour ses traitements de l'hypertension artérielle pulmonaire. Les marchés spéculent sur une offre publique d'achat (OPA).

Prévisions prudentes

Lors de l'année écoulée, le groupe américain a enregistré une hausse de 7,3% à 16,54 milliards de dollars de son bénéfice net, dont 3,81 milliards (+18,6% sur un an) au quatrième trimestre.

Cette performance s'est traduite par un bénéfice par action ajusté, référence en Amérique du Nord, de 6,73 dollars pour l'année et de 1,58 dollar pour les trois derniers mois, contre 6,71 et 1,56 dollar attendus respectivement en moyenne par les analystes.

Tiré par les bonnes ventes de ses médicaments et de ses équipements médicaux, le chiffre d'affaires annuel a augmenté de 2,6% à 71,9 milliards de dollars, tandis que les revenus trimestriels ont progressé de 1,6% à 18,11 milliards. Les analystes attendaient toutefois 72,03 et 18,28 milliards de dollars respectivement, mais Johnson & Johnson a expliqué que ses recettes ont été rognées par des effets de change négatifs, des cessions et des désinvestissements, un coup de mou des ventes des traitements contre l'hépatite C et des difficultés au Venezuela notamment pour ses produits de grande consommation.

La division pharmacie, qui représente 46,5% du chiffre d'affaires en 2016, est restée la locomotive des ventes: elle a enregistré une hausse de 6,47% de ses revenus annuels à 33,46 milliards dont 8,23 milliards de dollars au quatrième trimestre, grâce au Remicade, destiné à soigner l'arthrite rhumatoïde, à l'anticancéreux Imbruvica (leucémie) et à l'anticoagulant Xarelto.

Le chiffre d'affaires de la division équipements médicaux (34,9% des revenus), en pleine restructuration, est resté stable à 25,12 milliards dont 6,44 milliards lors des trois derniers mois.

À l'inverse, la division Produits de grande consommation, dont le portefeuille comprend les marques Neutrogena, Aveeno et Tylenol, a vu son chiffre d'affaires baisser de 1,48% à 13,31 milliards de dollars dont 3,43 milliards au quatrième trimestre.

Pour 2017, le groupe table sur des ventes comprises entre 74,1 et 74,8 milliards de dollars, pour un bénéfice par action ajusté de l'ordre de 6,93 à 7,08 dollars. Les marchés financiers anticipaient, eux, un chiffre d'affaires de 75,1 milliards de dollars en moyenne et un bénéfice par action de 7,11 dollars.

Cette prudence est due à la forte concurrence à laquelle va être confronté son médicament-vedette, le Remicade, commercialisé depuis 1998 et ayant rapporté des dizaines de milliards de dollars de revenus au groupe.

Pfizer commercialise depuis peu Inflectra et Novartis Erelzi, deux traitements rangés dans la classe des biosimilaires c'est-à-dire des génériques spécifiques pour les traitements issus des biotechnologies. Leur prix respectif est en moyenne de 15% moins cher que le Remicade.

Johnson & Johnson a indiqué mardi avoir engagé des poursuites pour violations de brevets sans toutefois dire contre quel groupe.

«C'est un début d'année 2017 décevant», a néanmoins estime Jeffrey Holford, analyste chez le courtier Jefferies.

À Wall Street, le titre reculait de 1,81% à 111,85 dollars vers 11h00.