General Motors (GM) a annoncé jeudi des résultats trimestriels record, marqués par son premier bénéfice en Europe depuis 2011, et relevé ses prévisions annuelles en dépit des premiers dégâts financiers attendus du «Brexit».

Mis à jour le 21 juill. 2016
Luc OLINGA AGENCE FRANCE-PRESSE

Entre avril et juin, le bénéfice net a plus que doublé à 2,87 milliards de dollars (+157% sur un an), contre 1,12 milliard de dollars un an plus tôt.

Le chiffre d'affaires a bondi de 11% à 42,37 milliards de dollars, bien supérieur aux 38,91 milliards anticipés, tiré par les ventes des 4X4 de ville (VUS), camionettes et multi-segments aux marges importantes.

Lors du trimestre sous revue, GM a vendu 2,4 millions de véhicules à travers le monde dont plus de la moitié (1,44 million) en Amérique du Nord où le bénéfice opérationnel s'est élevé à 3,65 milliards de dollars pour une marge opérationnelle de 12,1%, un niveau rare chez les groupes automobile généralistes.

La marge opérationnelle est de 9,3% dans l'ensemble, un record depuis sa banqueroute en 2009.

«C'est un bon trimestre», a commenté Ryan Brinkman, analyste chez JPMorgan, d'autant qu'il intervient, souligne-t-il, au moment où la plupart des observateurs tablent sur la fin de la période dorée des ventes aux États-Unis marquée en 2015 par un record historique.

«Cela a été un trimestre exceptionnel», se réjouit la PDG Mary Barra, expliquant que «nos résultats ont été générés par de fortes ventes aux particuliers aux États-Unis, des ventes record en Chine et un accent continu pour améliorer nos opérations à travers le monde».

Perte à venir en Europe ?

GM a dégagé son premier bénéfice trimestriel en Europe depuis 2011, confirmant le redressement du marché automobile sur le Vieux continent même si des inquiétudes apparaissent avec la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (Brexit).

Le bénéfice opérationnel s'y est élevé à 100 millions de dollars entre avril et juin, grâce aux ventes des modèles Opel Corsa et Astra et une stabilisation des prix en Europe de l'Est. Depuis le début de l'année, GM a vendu 621 000 véhicules en Europe, en hausse de 7% sur un an, portant son chiffre d'affaires européen à 5,4 milliards de dollars, en hausse de 7,4%.

L'objectif d'être rentable sur une année entière en Europe, ce qui serait une première depuis 16 ans, pourrait être toutefois ne pas être atteint à cause du Brexit.

«Si les conditions du marché restent en l'état pour le reste de l'année, nous pensons que cela (le Brexit) pourrait impacter (nos résultats) de 400 millions de dollars au second semestre», a prévenu GM qui produit et vend en Grande-Bretagne les modèles Opel sous la marque Vauxhall avec des usines d'assemblage à Ellesmere (nord) et à Luton (nord de Londres).

À terme, le groupe américain s'interroge sur un éventuel retour des droits de douane et le devenir des accords de libre-échange qui lui permettent d'exporter librement les produits fabriqués sur ses sites britanniques vers l'ensemble de l'UE et inversement.

Selon le cabinet IHS Automotive, les constructeurs automobiles présents en Europe devraient vendre 2,8 millions de véhicules en moins d'ici 2018, en raison du Brexit. Le marché britannique qui devait croître de 3,2 % en 2016 ne devrait plus progresser que de 1%, selon IHS.

Pour autant, encouragé par l'Amérique du Nord, la Chine et une réduction de ses pertes en Amérique du Sud, le constructeur automobile a relevé ses objectifs financiers annuels.

Il s'attend désormais à un bénéfice par action ajusté de 5,50 à 6 dollars contre une fourchette de 5,25 à 5,75 dollars auparavant. Le milieu de la fourchette est exactement conforme aux attentes des marchés qui sont de 5,65 dollars.

À Wall Street, le titre gagnait 2,92% à 32,42 dollars vers 9h55 dans les premiers échanges.