Les cinq années qu'a passé Larry Page à la tête de Google pourraient convaincre les investisseurs des vertus de la patience, même si les résultats du premier trimestre de la nouvelle entité Alphabet ont de quoi décevoir.

Mis à jour le 21 avr. 2016
ASSOCIATED PRESS

Après avoir été à la traîne de ses pairs pendant les premières étapes du règne de M. Page, la société la plus puissante d'Internet a commencé à livrer des rendements qui font mal paraître ceux de l'indice boursier S&P 500 et des actions d'Apple.

Depuis que M. Page a pris les rênes de l'entreprise en 2011, l'action d'Alphabet - aujourd'hui la société mère de Google - a bondi de 163 %, générant des gains additionnels de 300 milliards pour les actionnaires. Le S&P 500 a avancé de 58 % pendant cette même période, tandis que l'action d'Apple a gagné 115 %.

Certains des gains d'Alphabet se sont toutefois évaporés jeudi, en fin de journée, lorsque la société a fait état d'un bénéfice et de revenus inférieurs aux attentes des analystes pour son premier trimestre. L'action de l'entreprise perdait plus de cinq % dans les transactions boursières d'après-séance.

Tant les revenus que les profits d'Alphabet ont été inférieurs aux attentes des analystes.

Le bénéfice a grimpé de 20 % par rapport à l'an dernier pour atteindre 4,2 milliards $ US, alimenté par un important réseau publicitaire qui comprend le moteur de recherche dominant de Google, le système d'exploitation Android pour téléphones intelligents, le service en ligne de vidéos YouTube et le service de courriels Gmail.

Les revenus pour les trois premiers mois de l'exercice, après soustraction des commissions pour les publicités, ont pour leur part grimpé de 18 % à 16,5 milliards $ US.

La performance du premier trimestre mettra à l'épreuve l'idée, souvent défendue par M. Page, que les investisseurs devraient tenir compte du portrait général de l'entreprise, plutôt que de s'arrêter aux gains et aux pertes d'un trimestre à l'autre.

M. Page peut esquiver la pression de Wall Street mieux que la plupart des grands patrons puisqu'il détient, avec le cofondateur de Google Sergey Brin et son président Eric Schmidt, une participation de contrôle dans Alphabet, ce qui leur donne un pouvoir décisif lors de la tenue de votes d'actionnaires.

Certains signes semblent donner raison à M. Page en ce qui a trait à son aversion pour le court terme. Google/Alphabet a maintenant raté les attentes des analystes dans la moitié des 20 trimestres pour lesquels il était chef de la direction.