Les voyageurs désireux de s'exiler vers les destinations soleil cet hiver devront probablement payer plus cher leurs forfaits en raison de la faiblesse du huard, ce qui n'empêche pas Transat A.T. (T.TRZ.B) de faire preuve d'optimisme à l'égard de cette saison.

Mis à jour le 10 sept. 2015
Julien Arsenault LA PRESSE CANADIENNE

En dépit de cette situation, la demande des consommateurs semble être au rendez-vous, selon le voyagiste québécois, qui dit avoir déjà vendu 20% de sa capacité vers le Sud.

«Pour la première fois depuis 2012, je constate une différence. Nous sommes sur la bonne voie», a expliqué jeudi son président et chef de la direction, Jean-Marc Eustache, au cours d'une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du troisième trimestre.

Puisque le carburant ainsi que les réservations de chambres doivent être payés en dollars américains, la direction de Transat A.T. estime que la hausse des prix touche l'ensemble de l'industrie.

«Tous (les concurrents) proposent des prix pour couvrir la faiblesse du dollar canadien», a souligné le chef de la direction financière de Transat A.T., Denis Pétrin.

Après six hivers consécutifs de pertes, le voyagiste établi à Montréal dit avoir apporté des modifications à sa flotte d'avions afin d'être plus flexible, ce qui lui a permis de bonifier sa capacité de huit pour cent.

Cet hiver, Transat A.T. exploitera ainsi 12 appareils gros porteurs Airbus A330, plutôt que 21 l'an dernier, en sous-louant trois avions en plus d'en garder six autres au sol. La société utilisera 19 Boeing 737 - qui transportent moins de passagers et sont moins dispendieux à exploiter - par rapport à 14 l'an dernier.

«Nous pourrons offrir des destinations qui n'étaient pas disponibles auparavant parce que nous n'avions pas assez de petits appareils, a observé M. Eustache. Cela va modifier (favorablement) nos départs.»

Malgré tout, M. Pétrin a rappelé qu'il était encore trop tôt pour dire si l'hiver 2016 serait profitable pour Transat A.T., rappelant qu'entre 30% et 40% des réservations des voyageurs se faisaient dans le mois précédant le départ.

Transat A.T. est par ailleurs en voie de connaître son troisième meilleur été après avoir constaté une augmentation de son profit ajusté au troisième trimestre malgré une demande plus faible en France.

Pour la période de trois mois terminée le 31 juillet, l'entreprise a engrangé un bénéfice ajusté de 27,2 millions de dollars, ou 71 cents par action, par rapport à 26,7 millions de dollars, ou 69 cents par action, au troisième trimestre de 2014.

Son bénéfice net a glissé de 25,8 millions de dollars à 13,1 millions de dollars en raison d'une charge hors trésorerie reliée à la comptabilisation des contrats de couverture de carburant.

De leur côté, les recettes ont glissé de 2,3%, à 920,1 millions de dollars, essentiellement en raison de la dépréciation de l'euro.

Cette performance trimestrielle a permis au voyagiste de répondre en partie aux attentes des analystes, qui tablaient sur un profit ajusté de 69 cents par action ainsi qu'un chiffre d'affaires de 942,7 millions de dollars.

Elle n'a toutefois pas été bien accueillie par les investisseurs, puisque l'action de Transat a retraité de 54 cents, soit sept pour cent, pour clôturer à 7,20 $ à la Bourse de Toronto.

Dans une note, l'analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, a qualifié les résultats du troisième trimestre de «légèrement négatifs», soulignant toutefois que les perspectives du voyagiste pour le quatrième trimestre étaient «favorables».

Par ailleurs, M. Eustache a indiqué qu'il ne craignait pas l'offensive de Rouge, le transporteur à rabais d'Air Canada [[|ticker sym='T.AC'|]], qui ajoute les villes de Casablanca, Prague, Budapest, Glasgow et Varsovie à son offre de destinations.

«Ce n'est pas une surprise, a-t-il dit aux analystes. C'était écrit dans le ciel depuis un certain temps qu'ils allaient devenir plus agressifs. Nous avons un bon plan avec une structure concurrentielle que nous entendons suivre.»