Le géant pétrolier BP a plongé dans le rouge au deuxième trimestre après avoir enregistré une charge de 10,8 milliards de dollars US à cause de la marée noire dans le golfe du Mexique de 2010, et a continué de souffrir en outre de la faiblesse des cours du brut.

Publié le 28 juill. 2015
Patrice NOVOTNY AGENCE FRANCE-PRESSE

Entre le 1er avril et le 30 juin, BP a déploré une perte nette de 5,823 milliards de dollars, contre un bénéfice net de 3,369 milliards de dollars l'an passé à la même époque.

«BP a enregistré une charge de 10,8 milliards de dollars liée à la marée noire dans le golfe du Mexique - dont 9,8 milliards de dollars associés à l'accord conclu avec les autorités» américaines, a expliqué mardi le groupe dans un communiqué.

Le 2 juillet, BP a accepté de verser 18,7 milliards de dollars d'indemnisations aux États-Unis pour cette marée noire, la pire catastrophe environnementale de l'histoire du pays - un accord censé mettre fin aux poursuites intentées par l'État fédéral, par cinq États touchés (Alabama, Floride, Louisiane, Mississippi et Texas) et par des autorités locales.

Cette pollution sans précédent du littoral a été provoquée par l'explosion, en avril 2010, de la plate-forme pétrolière de BP Deepwater Horizon, dans le golfe du Mexique au large du sud-est des États-Unis, qui avait fait 11 morts.

Le groupe a précisé mardi que sa facture totale pour cette catastrophe, avant impôt, s'élevait désormais à la somme faramineuse de 54,6 milliards de dollars.

Baisse des investissements

Dans son activité de production pétrolière elle-même, BP a vu son bénéfice ajusté chuter de 64%, à 1,3 milliard de dollars, au deuxième trimestre. Ce bénéfice ajusté évalue les stocks d'hydrocarbures à leurs coûts de remplacement, c'est-à-dire aux cours actuels, et est considéré comme un indicateur clé de la santé des entreprises du secteur par les investisseurs.

«Ce résultat reflète l'impact de prix toujours bas du pétrole et du gaz, d'une moindre contribution de Rosneft (groupe pétrolier russe dans lequel BP a 19% des parts) et d'une charge liée aux événements en Libye» portant sur près de 600 millions de dollars où il réduit la voilure en raison d'inquiétudes pour la sécurité, a-t-il expliqué.

Au deuxième trimestre, BP a calculé que le cours du Brent de la Mer du Nord, la référence européenne du brut, s'était établi en moyenne à 62 dollars le baril, contre 110 dollars l'an passé à la même époque, soit 44% de moins sur un an.

Les prix ont certes légèrement rebondi entre le premier et le deuxième trimestre mais «lors des dernières semaines, les cours du pétrole ont rechuté», a prévenu le directeur général de BP, Bob Dudley. Pour l'expliquer, il a cité «un surcroît d'approvisionnement, une faiblesse du marché et les récents accords à propos de l'Iran» qui devraient se traduire par un retour progressif des exportations du pays sur les marchés mondiaux l'année prochaine.

«Positionner BP face à une période de faibles cours est la bonne stratégie», a souligné M. Dudley.

Les investissements du groupe, en baisse particulièrement dans la partie exploration, devraient passer en cumulé sous la barre des 20 milliards de dollars pour l'ensemble de l'année. BP conduit en outre un nouveau vaste programme de cessions d'activités portant sur 10 milliards de dollars au total, dont 7,4 milliards sont déjà dans les tuyaux.

Le groupe a souligné qu'il tirait déjà les fruits de ses réformes de simplification engagées ces dernières années, visant à diminuer le gigantisme du groupe et à le rendre plus efficace. Il a estimé que ses coûts de fonctionnement avaient diminué de 1,7 milliard de dollars d'une année sur l'autre et mis en avant la meilleure rentabilité de ses raffineries qui subissent une sévère restructuration, sur fond d'amélioration des marges dans ce secteur.

BP, qui n'a pas fourni de prévision financière, a annoncé par ailleurs qu'il allait verser un dividende de 10 cents par titre à ses actionnaires pour le trimestre écoulé, contre 9,75 cents l'an passé.