Les consommateurs qui magasinent chez Dollarama (T.DOL) devraient voir leur facture grimper, principalement en raison de la glissade marquée du dollar canadien qui a été observée au cours des derniers mois.

Mis à jour le 25 mars 2015
Julien Arsenault LA PRESSE CANADIENNE

Il est de plus en plus difficile pour le détaillant d'offrir des articles à 1 $, selon son président et chef de la direction, Larry Rossy, qui n'écarte pas la possibilité d'offrir des produits dont le prix pourrait être supérieur à 3 $.

«Je crois que c'est difficile d'offrir une bonne valeur aux clients à 1 $», a-t-il expliqué, mercredi, au cours d'une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du quatrième trimestre de l'entreprise montréalaise.

Jusqu'ici, Dollarama dit avoir été en mesure d'absorber les impacts du recul du huard, ce qui a influencé négativement ses marges, mais s'est aussi traduit par une augmentation de 25 cents du prix de certains articles.

M. Rossy a rappelé aux analystes que le détaillant offrait des produits à 1 $ il y a 23 ans, à ses débuts, et qu'il est parvenu à conserver des prix raisonnables. Les articles dont le prix oscille entre 1,25 $ et 3 $ représentent désormais plus de 71,5 % des ventes.

Le président et chef de la direction de l'entreprise a affirmé qu'il n'avait pas l'intention de hausser les prix dans un avenir rapproché, mais ajouté que la faiblesse du dollar canadien pourrait le forcer à modifier ses plans.

«Il n'y a pas tant de solutions à notre disposition parce que c'est arrivé très rapidement, a souligné aux analystes M. Rossy. Nous absorbons autant que nous le pouvons, mais on ne pourra pas toujours le faire.»

Selon lui, l'offre d'articles à 1 $ est «inévitablement» appelée à être réduite à travers le réseau de magasins qu'exploite Dollarama. «C'est la réalité, malheureusement, a dit M. Rossy. L'inflation va se manifester.»

Dollarama a également fait part de son intention d'ajouter des magasins à son réseau à travers le Canada, dont au Québec, afin de s'établir dans de nouveaux marchés.

Le détaillant estime que 1400 établissements peuvent être viables au pays, soit près de 17 % de plus que sa prévision précédente de 1200 magasins.

La société - qui exploite actuellement 955 magasins - pourrait prendre jusqu'à huit ans afin d'atteindre son objectif, au rythme d'environ 60 nouveaux magasins par année.

Quant à sa performance du quatrième trimestre, Dollarama a dépassé les attentes en engrangeant des profits de 100,3 millions $, ou 76 cents par action, en hausse de 21 % par rapport à la même période l'an dernier.

Les analystes tablaient sur un bénéfice par action de 75 cents pour la période de trois mois terminée le 1er février.

Cela a fait bondir l'action de Dollarama, qui a touché un sommet de 71 $ à la Bourse de Toronto. En mi-journée, son titre cotait à 69,41 $, en hausse de 3,11 $, ou 4,69 %.

Le chiffre d'affaires a affiché une progression de 14,9 %, à 669,1 millions $, alors que les ventes des magasins comparables - un indicateur clé dans le secteur du commerce de détail - ont bondi de 8,5 %.

«C'est principalement attribuable à l'impact positif des conditions météorologiques du temps des Fêtes comparativement à l'an dernier», a souligné M. Rossy.

Irene Nattel, de RBC Marchés des capitaux, a noté que Dollarama avait mieux fait que Canadian Tire et Walmart, qui ont affiché respectivement des hausses de ventes comparables de 2,8 % et de 1,8 %.

Pour l'exercice 2015, le détaillant a dégagé des profits de 295,4 millions $, ou 2,21 $ par action, en hausse de 18,1 %. Ses recettes ont été de 2,33 milliards $, en progression de 13,1 %.

Les ventes des magasins comparables ouverts depuis au moins un an ont avancé de 5,7 %.