Le numéro un mondial de la distribution, l'américain Wal-Mart (WMT) , a abaissé ses prévisions de bénéfice annuelles jeudi, malgré des résultats solides au deuxième trimestre, invoquant des investissements dans le commerce en ligne, son relais de croissance, beaucoup plus importants que prévu.

Wal-Mart s'attend désormais à un objectif de bénéfice par action annuel, hors éléments exceptionnels, mesure la plus regardée à Wall Street, compris entre 4,90 et 5,15 dollars, contre 5,10 et 5,45 dollars auparavant.

Les analystes anticipent 5,15 dollars par action.

Pour le troisième trimestre, Wal-Mart attend entre 1,10 et 1,20 dollar, quand le consensus table sur 1,18 dollar.

«Cette actualisation reflète des investissements croissants dans le cybercommerce et des coûts élevés dans la couverture santé (des employés) plus élevés qu'anticipé», explique le géant de la distribution, ajoutant que cet abaissement prend également en compte un taux d'imposition qui devrait être beaucoup plus élevé que prévu, à 34%.

Wal-Mart veut concurrencer le géant de la distribution en ligne Amazon et compte pour cela sur la taille de son réseau (11 000 magasins à travers le monde). Il a acquis récemment des jeunes entreprises spécialisées dans l'analyse de données et le marketing en ligne pour attirer davantage de consommateurs sur ses plateformes électroniques.

Le groupe vient de mettre en place un comparateur de prix en ligne, Savings Catcher. Preuve de l'importance de cette offensive dans le commerce en ligne, Wal-Mart a promu en juin Greg Penner, 44 ans, vice-président de son conseil d'administration.

M. Penner préside le comité technologies et cybercommerce de Wal-Mart.

À Wall Street, les investisseurs hésitaient: le titre reculait légèrement de 0,04% à 74 dollars vers 7h45 dans les échanges électroniques précédant l'ouverture de la séance.

Lors des trois derniers mois, correspondant au deuxième trimestre de son exercice fiscal décalé 2014/2015, le bénéfice net a progressé de 0,6% sur un an à 4,09 milliards de dollars.

Ce résultat s'est traduit par un bénéfice par action hors éléments exceptionnels, référence à Wall Street, de 1,21 dollar, soit exactement ce qu'attendait en moyenne le marché.

Il n'est pas loin du haut de sa fourchette de prévision (1,15-1,25 dollar) livrée en mai.

Les ventes sont meilleures qu'attendu à 119,33 milliards de dollars, en hausse de 2,8%, contre 119 milliards anticipés.

Mais elles stagnent toujours sur son premier marché, les États-Unis, alors qu'elles accélèrent à l'international malgré des effets de change négatifs.

Aux États-Unis, à magasins comparables, les ventes ont ainsi augmenté de 2,7%, tandis qu'à l'international, elles ont progressé de 3,1%.