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Airbus prend officiellement les commandes de la C Series

Sans verser un sou, Airbus détiendra 50,01% du... (Photo Regis Duvignau, archives REUTERS)

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Sans verser un sou, Airbus détiendra 50,01% du programme de la C Series, qui a coûté 6 milliards de dollars US à développer.

Photo Regis Duvignau, archives REUTERS

Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Le géant européen Airbus a officiellement pris les commandes de la C Series de Bombardier puisque l'entente intervenue en octobre dernier entre les deux avionneurs a été officialisée vendredi; elle entrera en vigueur le 1er juillet.

Même si l'arrivée d'Airbus aux commandes de la C Series se fera plus tôt que prévu, soit le 1er juillet, Bombardier contribuera néanmoins jusqu'à hauteur de 225 millions de dollars US au financement du programme cette année.

Selon l'entente annoncée en octobre dernier, l'avionneur québécois devait financer la C Series jusqu'à la conclusion de l'alliance - prévue dans la deuxième moitié de 2018 - en plus de s'engager à injecter jusqu'à 700 millions US pour combler d'éventuels déficits de trésorerie.

Toutefois, la mouture du partenariat dévoilé vendredi prévoit que Bombardier sera responsable du financement du programme jusqu'au 1er juillet et que sa contribution pourrait atteindre 925 millions $ US jusqu'à la fin de 2021.

Selon un porte-parole, Olivier Marcil, ce total est conforme aux cibles initiales de la multinationale et lui offre une protection en cas de dépassements de coûts.

Interrogé à savoir pourquoi Bombardier pourrait injecter jusqu'à 225 millions US dans la C Series même si la prise de contrôle d'Airbus survient plus rapidement, M. Marcil a expliqué que cela faisait partie des conditions générales de l'entente.

«Nous avions déjà prévu dépenser ce montant dans le cadre de l'accélération de la cadence de production», a-t-il expliqué, au cours d'un entretien téléphonique.

Bombardier recevra des actions non votantes de la société en commandite avec un dividende annuel de 2%.

Sans verser un sou, le géant européen détiendra 50,01% du programme de cet avion commercial, qui a coûté 6 milliards $ US à développer. La part de Bombardier sera approximativement de 33,76%. Celle du gouvernement québécois - qui a injecté 1 milliard US en 2015 - passera à environ 16,24%.

D'éventuels dépassements coûts seraient partagés entre les partenaires au prorata de leur participation dans la société en commandite.

Production et construction

Entre-temps, à quelques semaines de son arrivée dans le siège du pilote de la C Series, Airbus a les yeux tournés vers l'accélération de la cadence de production ainsi que la construction de la chaîne d'assemblage américaine en Alabama.

L'avionneur européen souhaite avoir livré 35 appareils à la fin de 2018. Depuis le début de l'année, Bombardier a remis 10 C Series à ses clients.

Philippe Balducchi, le cadre d'Airbus qui sera responsable du programme, a expliqué, vendredi, au cours d'une conférence téléphonique, qu'il y aurait des défis à surmonter pour accélérer la cadence de production.

«Il y a des problèmes spécifiques à la situation de la C Series, mais nous allons tout mettre en oeuvre pour nous assurer que la production soit au rendez-vous au cours des prochaines années», a-t-il dit.

M. Balducchi a déjà fait savoir en mai qu'il comptait aller voir rapidement les fournisseurs de Bombardier dans le but de réduire les coûts de production de l'avion. Afin d'obtenir des concessions, Airbus compte faire miroiter une hausse des volumes grâce à une augmentation des ventes.

Par ailleurs, on devrait commencer à ériger la ligne d'assemblage américaine de la C Series à compter de 2019 à Mobile, en Alabama, sur le site où Airbus assemble actuellement le A320. L'entrée en service est prévue l'année suivante.

Avec l'arrivée du géant européen aux commandes, des analystes anticipent de nouvelles commandes puisque l'avionneur européen a les reins assez solides pour assurer la viabilité de la C Series, ce qui devrait rassurer les compagnies aériennes.

«Airbus va jouer un important rôle de premier plan pour décrocher des contrats et s'assurer que la production puisse répondre à la forte demande», a écrit l'analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, dans une note transmise vendredi.

Dans un rapport distinct publié la veille, l'analyste avait évoqué Ethiopian Airlines, Kenya Airways, Aerolineas Argentinas, JetBlue Airways, Sun Country Airlines et Spirit Airlines comme transporteurs potentiellement intéressés.

M. Poirier a également fait passer de 4,75$ à 6$ son cours cible pour l'action de Bombardier, se disant confiant de voir le constructeur d'avions et de trains atteindre ses objectifs en 2020, en plus d'améliorer sa profitabilité.

Modifications financières

Puisque toutes les approbations réglementaires ont été obtenues, Bombardier a indiqué qu'à compter du 1er juillet, la C Series ne figurerait plus dans ses résultats consolidés - ce qui signifie notamment que les revenus générés par les ventes d'appareils ne seront plus inclus dans ses états financiers.

L'avionneur a abaissé de 500 millions US sa prévision de revenus pour l'exercice, qui devrait osciller entre 16,5 milliards US et 17 milliards US. Son résultat opérationnel ajusté devrait toutefois s'établir entre 900 millions US à 1 milliard US.

En milieu de séance, à la Bourse de Toronto, l'action de Bombardier se négociait 4,86$, en recul de 6 cents.




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