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Des trains de Bombardier en Cisjordanie

Israel Railways est un bon client de Bombardier.... (photo fournie par Bombardier Transport)

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Israel Railways est un bon client de Bombardier.

photo fournie par Bombardier Transport

Sylvain Larocque
La Presse

Bombardier construit actuellement les locomotives et certaines voitures qui doivent circuler dès l'an prochain sur la future ligne de train rapide entre Jérusalem et Tel-Aviv. Or, le projet suscite la controverse depuis son lancement, en 2001.

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La participation de Bombardier au projet s’est concrétisée en septembre 2015 lorsque la multinationale québécoise a décroché un contrat de 262 millions US pour livrer 62 locomotives TRAXX AC qui tracteront les futurs trains.

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Publié en mars dans le magazine de gauche Briarpatch, un article de David Thomas, professeur en relations internationales à l'Université Mount Allison du Nouveau-Brunswick, a attiré l'attention sur la participation de Bombardier au projet.

Le chantier de 2 milliards US est le plus important des dernières années en Israël. Une fois en service, le train d'une vitesse maximale de 160 km/h reliera les deux plus importantes villes du pays en moins de 30 minutes, alors qu'il faut compter plus d'une heure à l'heure actuelle.

Le hic, c'est que la ligne traverse la fameuse « ligne verte » qui sépare Israël et la Cisjordanie, territoire principalement habité par des Palestiniens. L'« incursion » se fait presque entièrement par l'entremise de tunnels souterrains et ne s'étend que sur six kilomètres, mais les Palestiniens affirment qu'elle est illégale et inutile puisque, selon eux, le train aurait pu passer ailleurs. D'autant plus qu'aucun arrêt n'est prévu en Cisjordanie pour l'instant.

« Il s'agit d'un minuscule bout de terrain et d'une incursion minuscule, mais c'est dans un contexte où les Palestiniens vivant dans ces secteurs n'ont cessé de perdre des terres par petits bouts au fil des décennies. Quand vous ajoutez tous les petits bouts, ce n'est plus une petite incursion. » - David Thomas, professeur à l'Université Mount Allison, dans un entretien téléphonique avec La Presse

« À mon avis, il n'est pas éthique pour Bombardier ou toute autre entreprise de participer à des projets qui présentent ce type d'implications juridiques et éthiques », a-t-il ajouté.

Dans la foulée des pressions palestiniennes et de la publication d'un rapport critique sur le projet par l'organisme israélien Who Profits, qui dénonce l'occupation des Territoires palestiniens, la société d'État allemande Deutsche Bahn s'est retirée du projet en 2011.

« Aucun terrain ne sera confisqué [en Cisjordanie], a tenu à préciser à La Presse Peter Subissati, directeur des affaires politiques et publiques au consulat général d'Israël à Montréal. Cette ligne ferroviaire sera ouverte à tous, et nous n'excluons pas la possibilité qu'elle soit éventuellement liée à un futur réseau palestinien. »

La participation de Bombardier au projet s'est concrétisée en septembre 2015 lorsque la multinationale québécoise a décroché un contrat de 262 millions US pour livrer 62 locomotives TRAXX AC qui tracteront les futurs trains. Or, le communiqué ne faisait aucunement mention de la ligne Jérusalem-Tel Aviv.

Interrogé à l'été 2015, Lutz Bertling, qui présidait alors la division ferroviaire Bombardier Transport, s'était montré quelque peu désinvolte sur la question en entrevue au média israélien Ynet. « Que fournissons-nous ? Des systèmes ferroviaires à tous les résidants, peu importe leur nationalité. Il n'y a pas d'apartheid en Israël. En fin de compte, tout le monde bénéficiera d'un chemin de fer efficace, quelle que soit la région qu'il traverse. »

« Ce ne sont pas des propos sur lesquels on s'engagerait aujourd'hui », a reconnu à La Presse Cécile Vion-Lanctuit, vice-présidente aux communications au siège de Bombardier Transport à Berlin.

Israël et les Territoires palestiniens constituent des « zones compliquées », a-t-elle admis, « mais avant de s'engager, on a pris un certain nombre de précautions ».

Mme Vion-Lanctuit a soutenu que la Cour suprême d'Israël a approuvé le train rapide il y a cinq ans et a rappelé que plusieurs entreprises internationales y contribuaient. « Nous aspirons à agir en toutes circonstances en conformité avec les standards d'éthique les plus élevés », a-t-elle insisté.

CONTRAT IMPORTANT

L'appel d'offres pour les 300 voitures destinées au projet, d'une valeur potentielle de 600 millions US, est en cours, et Bombardier y participe. Mais comme le train rapide doit entrer en service l'an prochain, ce sont des voitures à deux niveaux TWINDEXX Vario qu'Israel Railways a commandées à Bombardier l'an dernier pour 120 millions US qui rouleront d'abord sur la ligne. Les huit premières voitures sur les 60 commandées sont récemment arrivées en Israël après un voyage de deux semaines par navire à partir de l'Allemagne, où elles ont été construites.

Israel Railways est un bon client de Bombardier : depuis 1999, l'exploitant ferroviaire lui a octroyé des contrats pour 425 voitures à deux niveaux d'une valeur de plus de 800 millions US, selon les prix officiels.

Une autre entreprise montréalaise, la firme de génie-conseil WSP Global, participe également au chantier du futur train rapide entre Jérusalem et Tel Aviv.

« Nous avons un mandat avec Israel Railways pour l'électrification de la totalité du réseau ferroviaire à travers le pays, ce qui inclut une portion de ce projet, a indiqué une porte-parole de WSP, Isabelle Adjahi. Nous ne sommes pas impliqués dans la conception ou la gestion de ce projet, ni dans son tracé. Pour ce qui concerne notre gouvernance, ce projet, qui a débuté avant que nous n'achetions Parsons Brinckerhoff en 2014, avait été soumis au comité de risques. »

Rappelons qu'en 2005 et en 2006, Bombardier avait fait l'objet de vives critiques après avoir décroché, avec un partenaire chinois et le conglomérat montréalais Power Corporation, un contrat de construction de voitures pour le train reliant Pékin et Shanghai au Tibet.




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