Bombardier songe à abandonner le développement de son avion d'affaires Global 8000 en raison de la faiblesse de la demande, a révélé mercredi le PDG de l'entreprise, Alain Bellemare.

Publié le 13 juill. 2016
Sylvain Larocque LA PRESSE

Annoncé en 2010 en même temps que le Global 7000, le Global 8000 a reçu peu de commandes jusqu'ici. L'an dernier, Bombardier a repoussé à 2018 l'entrée en service du Global 7000, soit deux ans plus tard que prévu. Le Global 8000 devait suivre en 2019.

«Nous verrons ce que nous pourrons tirer du Global 7000 et ensuite nous déciderons (à propos du Global 8000)», a déclaré M. Bellemare en entrevue au Wall Street Journal dans le cadre du salon aéronautique de Farnborough, en périphérie de Londres.

Le dirigeant a aussi indiqué qu'il envisageait de réduire encore davantage la cadence de production des avions Global 5000 et 6000, déjà en service. L'an dernier, Bombardier avait déjà fait passer de 80 à une cinquantaine le nombre d'appareils construits chaque année. En raison de cette annonce, pas moins de 1750 salariés ont perdu leur emploi à Montréal, Toronto et Belfast, en Irlande du Nord.

«(La réduction) ne sera pas aussi significative que celle de l'an dernier; l'an dernier, c'était énorme», a affirmé Alain Bellemare, en précisant qu'il prendra une décision d'ici la fin de l'année.

Dans une note, l'analyste Benoit Poirier s'est dit surpris par la réflexion de la direction de Bombardier au sujet du Global 8000. Par contre, «nous ne croyons pas que ce geste se traduirait par un manque à gagner important pour l'entreprise, puisque nous comprenons qu'environ 90% du carnet de commandes combiné des Global 7000 et 8000 est composé du Global 7000», a-t-il écrit.

L'analyste ne croit toutefois pas qu'un éventuel abandon du Global 8000 générerait des économies de coûts significatives pour Bombardier, puisqu'il s'agit d'un «dérivé mineur» du Global 7000. Par ailleurs, la décision pourrait entraîner une radiation comptable.

Les avions de la famille Global sont assemblés à l'usine torontoise de Bombardier et leur finition est effectuée à Dorval.