Ottawa pourrait aider Bombardier à allonger la C Series

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En entrevue à La Presse la semaine dernière, le PDG de Bombardier, Alain Bellemare, a martelé que la conception d'une version allongée de la C Series n'était pas envisagée pour l'instant. Le président de Bombardier Avions commerciaux, Fred Cromer, l'a toutefois évoquée l'an dernier.

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Sylvain Larocque
La Presse

Un éventuel investissement du gouvernement fédéral dans la C Series de Bombardier pourrait être annoncé en même temps que le lancement d'une version allongée de la famille d'avions, le CS500, avance un analyste.

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PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE - Mirabel --- Premier vol de l'avion CS300 et visite du hangar de Bombardier aeronautique de l'aéroport de Mirabel. En photo: Un CS100 avec ses moteurs Pratt & Whitney. --- -27 Fevrier 2015 -AFF # 736765

« Bombardier n'a théoriquement pas besoin d'un nouvel investissement fédéral pour l'entrée en service du CS100 et la certification du CS300 », note Nicholas Heymann, de la firme américaine William Blair, au cours d'un entretien téléphonique avec La Presse.

« J'ai donc l'impression qu'un investissement fédéral est susceptible de coïncider avec une augmentation de la capacité de production de la C Series ou l'ajout d'un nouveau modèle plus grand, qui pourrait transporter jusqu'à 175 ou 180 personnes. Dans les deux cas, il y aurait une création d'emplois importante », ajoute-t-il.

En entrevue à La Presse la semaine dernière, le PDG de Bombardier, Alain Bellemare, a martelé que la conception d'une version allongée de la C Series n'était pas envisagée pour l'instant. Le président de Bombardier Avions commerciaux, Fred Cromer, l'a toutefois évoquée l'an dernier.

M. Heymann calcule que le développement et la certification du CS500 pourraient coûter de 750 à 800 millions US. Bombardier a demandé à Ottawa de prendre une participation de 1 milliard US dans la C Series, comme s'est engagé à le faire le gouvernement du Québec en octobre. Les deux parties n'ont pas encore réussi à s'entendre en raison notamment du refus de la famille Bombardier de se défaire de ses actions à droit de vote multiple, lesquelles lui donnent le contrôle de l'entreprise.

DES MILLIARDS INJECTÉS DANS LE DÉVELOPPEMENT

Bombardier a déjà injecté 5 milliards US dans le développement de la C Series. En excluant un éventuel CS500, Bombardier prévoit injecter 2 milliards US de plus dans le programme d'ici à 2020, entre autres pour optimiser la chaîne d'assemblage et créer des stocks de pièces.

La semaine dernière, le constructeur a indiqué qu'il allait comptabiliser une « provision pour contrats déficitaires » de 500 millions US en lien avec les commandes d'avions C Series annoncées depuis le début de l'année (127 appareils C Series vendus à Air Canada, airBaltic et Delta Air Lines). Selon Nicholas Heymann, ces 500 millions US sont compris dans les 2 milliards US qui restent à débourser dans le programme d'ici à 2020.

C'est donc dire que l'investissement de 1 milliard US de Québec servira en partie à financer les généreux rabais consentis par Bombardier à Air Canada, airBaltic et Delta. Jusqu'ici, les analystes ne se sont pas formalisés outre mesure de ces réductions, qui atteindraient jusqu'à 65 %, voire 75 % des prix courants, jugeant qu'elles étaient incontournables pour relancer les ventes de la C Series et assurer l'avenir du programme.

En plus de l'investissement de Québec, Bombardier a récolté 1,5 milliard US en vendant à la Caisse de dépôt et placement 30 % de sa division ferroviaire, en février. L'an dernier, la multinationale avait recueilli 868 millions US en émettant des actions et 2,25 milliards US en vendant des obligations. Outre la C Series, ces sommes serviront entre autres à financer le développement du nouveau jet d'affaires Global 7000 et des projets de Bombardier Transport.

L'action de Bombardier a clôturé à 1,94 $ hier, en hausse de 2,65 %, à la Bourse de Toronto.




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